À Cuba, l’espoir se tourne vers l’arrivée imminente d’un pétrolier russe, l’Anatoly Kolodkin, qui doit atteindre le port de Matanzas ce mardi. Transportant 730.000 barils de brut, cette cargaison est attendue avec impatience alors que l’île fait face à une crise énergétique grave, exacerbée par un blocus pétrolier américain depuis janvier.
EN BREF
- Un pétrolier russe arrive à Cuba avec 730.000 barils de brut.
- La crise énergétique persiste malgré cette livraison, provoquant des coupures fréquentes.
- La Maison Blanche maintient les sanctions contre Cuba, malgré une aide symbolique.
Cette livraison marque la première arrivée de pétrole à Cuba depuis le 9 janvier. Rosa Perez, une retraitée de 74 ans vivant à Matanzas, exprime son soulagement : « Nous allons l’accueillir à bras ouverts. Vous ne savez pas à quel point nous avons besoin de ce pétrole. » Les coupures d’électricité fréquentes rendent la situation insupportable pour de nombreux Cubains.
La décision du président américain Donald Trump de permettre à la Russie de livrer du pétrole à Cuba, malgré les sanctions, est perçue comme une tentative d’éviter une confrontation directe avec Moscou. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, précise que les sanctions restent en vigueur, mais que des « décisions sont prises au cas par cas ».
Pour Raul Pomares, jardinier cubain de 56 ans, cette aide arrive trop tard et est insuffisante. Il considère la livraison comme « une goutte d’eau par rapport à ce dont ce pays a besoin ». L’île a déjà souffert de l’interruption de l’approvisionnement en pétrole provenant du Venezuela, suite à la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis. Cette situation a également conduit le Mexique à suspendre ses propres livraisons, poussant la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum à faire un don personnel de 20.000 pesos pour aider Cuba.
Les restrictions imposées par les États-Unis visent à forcer La Havane à céder sur des questions politiques. Ricardo Herrero, directeur exécutif du Cuba Study Group, explique que la stratégie américaine est de « conduire le système au bord du gouffre », sans provoquer un effondrement total.
Donald Trump, quant à lui, a intensifié ses menaces envers Cuba, évoquant des actions militaires possibles. Cependant, il a récemment déclaré que l’envoi de pétrole ne le dérangeait pas, affirmant que « Cuba est finie », peu importe l’issue de cette livraison.
Du côté russe, le Kremlin a exprimé sa satisfaction quant à l’arrivée du pétrolier, Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, affirmant qu’il est de leur devoir d’apporter de l’aide à Cuba. Jorge Piñon, expert en énergie, estime qu’il faudra plusieurs jours pour raffiner le pétrole, qui pourrait être transformé en 250.000 barils de gazole, suffisant pour répondre à la demande pendant environ 12 jours.
Les pénuries alimentaires et de médicaments s’ajoutent aux coupures d’électricité, alimentant la frustration des Cubains. Orlando Ocaña, un retraité de 76 ans, qualifie la cargaison russe de « pansement » : « C’est un soulagement, mais pas la solution. » La situation reste donc critique, et l’espoir d’un avenir meilleur reste fragile.