Le gouvernement cubain a récemment annoncé une mesure significative visant à permettre aux Cubains vivant à l’étranger, en particulier ceux résidant aux États-Unis, d’investir et de posséder des entreprises sur l’île. Cette décision intervient alors que l’économie cubaine fait face à des défis majeurs, exacerbés par le blocus énergétique imposé par Washington.
EN BREF
- Les Cubains émigrés pourront investir et posséder des entreprises à Cuba.
- La mesure vise à relancer l’économie en crise, aggravée par le blocus américain.
- Des investissements dans les infrastructures et le secteur privé sont prévus.
Oscar Perez-Oliva Fraga, ministre du Commerce extérieur et vice-Premier ministre, a déclaré lors d’une interview diffusée sur NBC que Cuba est prêt à établir des relations commerciales fluides avec les entreprises américaines, ainsi qu’avec les Cubains résidant aux États-Unis et leurs descendants. Bien qu’il n’ait pas fourni de détails spécifiques sur les modalités de cette initiative, il a souligné que les investisseurs pourraient détenir leur propre entreprise sur l’île.
Cette annonce arrive dans un contexte économique particulièrement sombre pour Cuba, qui souffre d’une crise persistante depuis plus de six ans. Le blocus énergétique, couplé aux sanctions liées à l’embargo en vigueur depuis 1962, a profondément affaibli l’économie cubaine. Le ministre a précisé que cet embargo empêche l’accès à des financements, à la technologie et aux marchés, et a particulièrement affecté la disponibilité de carburant.
La déclaration du président américain Donald Trump, qui a évoqué une volonté de Cuba de négocier avec les États-Unis, amplifie l’intérêt autour de cette annonce. Il a exprimé son optimisme en affirmant qu’un accord pourrait se concrétiser prochainement. Cette dynamique pourrait encourager davantage d’émigrés cubains à envisager des investissements sur l’île.
La possibilité d’investir à Cuba est une demande ancienne de la diaspora, qui voit dans cette initiative une opportunité de participer au développement économique de leur pays d’origine. Actuellement, Cuba traverse sa pire crise économique depuis plus de trente ans, aggravée par la capture récente du président vénézuélien Nicolas Maduro, qui a mis fin aux livraisons de pétrole vers Cuba, un soutien crucial pour l’économie de l’île.
Face à cette situation, le gouvernement cubain a été contraint d’adopter des mesures d’urgence, notamment un rationnement sévère de l’essence, affectant tous les secteurs de l’économie. Les secteurs clés comme le tourisme, l’extraction du nickel, l’agriculture et le tabac souffrent gravement de ces restrictions énergétiques.
Le ministre a souligné que les investissements ne se limiteront pas à de petites entreprises, mais incluront également des projets d’envergure dans les infrastructures. L’objectif est de revitaliser des secteurs stratégiques tels que le tourisme, les mines, et de moderniser le réseau électrique, qui souffre de pannes chroniques.
Historiquement, l’économie cubaine reposait sur un système centralisé de production géré par l’État. Cependant, la crise actuelle a poussé le gouvernement à ouvrir davantage le pays à l’initiative privée. Depuis 2021, les petites et moyennes entreprises privées ont été à nouveau autorisées, offrant une nouvelle dynamique à l’économie locale. En 2025, ces entreprises représentaient 15 % du PIB et employaient plus de 30 % de la population active.
Début mars, Cuba a également mis en place un cadre juridique pour faciliter la création d’entreprises mixtes, permettant ainsi des co-entreprises entre l’État et des acteurs privés. Cette ouverture est une première sur l’île, où les seules entreprises mixtes existantes étaient celles associant l’État cubain et des entreprises étrangères, excluant jusqu’alors les investisseurs américains. La situation actuelle pourrait ainsi marquer un tournant dans les relations économiques entre Cuba et sa diaspora, tout en offrant une lueur d’espoir pour la sortie de la crise économique que connaît le pays.