Damien, gardien de la paix à Rennes, détaille son budget mensuel de 2 380 € nets

À 34 ans, Damien exerce le métier de gardien de la paix à Rennes depuis sept ans. Pacsé avec Audrey, auxiliaire de puériculture, ils élèvent ensemble leur fille de trois ans. Chaque mois, 2 380 € nets sont versés sur son compte, un salaire qui, bien que semblant attractif en apparence, est le reflet d’une réalité budgétaire complexe.

EN BREF

  • Damien perçoit 2 380 € nets mensuels grâce à son travail de nuit.
  • Le couple, avec Audrey, totalise un revenu de 4 235 € par mois.
  • Leurs dépenses mensuelles s’élèvent à 1 914 €, laissant une marge de sécurité de 100 à 170 €.

Le salaire de Damien se compose principalement d’un traitement indiciaire de base de 1 860 € nets, auquel s’ajoutent des primes : l’indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP) de 310 € et une majoration pour travail de nuit de 210 €. Ces primes, bien que significatives, ne sont pas sans coût pour Damien, qui souligne que leur obtention se fait souvent au détriment de sa santé et de son bien-être.

Ensemble, Damien et Audrey cumulent des revenus mensuels de 4 235 €, incluant les 1 540 € nets de la crèche municipale d’Audrey, ainsi que 140 € d’allocations familiales et 175 € de complément de libre choix du mode de garde pour leur fille. Cependant, la gestion de ce revenu est précieuse, surtout face aux dépenses fixes qui pèsent lourdement sur leur budget.

Les dépenses fixes du foyer

Le poste le plus conséquent est le logement. Ils louent un T3 de 65 m² dans le quartier de Villejean, avec un loyer de 785 € par mois, un montant qui représente une part importante de leur budget, bien que modéré par rapport à des villes comme Paris. Ils choisissent ce quartier pour sa proximité avec le commissariat, un facteur essentiel pour Damien.

Leur assistante maternelle, qui garde leur fille trois jours par semaine, coûte 520 € brut, ce qui, après déduction du complément CMG, revient à 345 €. Ce coût représente une charge significative, d’autant plus que les frais sont partagés selon les revenus du couple.

Les assurances, incluant 95 € pour l’auto, 35 € pour l’habitation et 92 € pour la mutuelle familiale, ainsi que les frais de transport, s’ajoutent aux dépenses mensuelles. Damien utilise sa voiture pour se rendre au travail, en raison de ses horaires décalés, ce qui engendre des coûts d’essence d’environ 130 €. Les abonnements divers, tels que le forfait mobile, l’internet, Netflix et Spotify, s’élèvent à environ 85 €. En outre, l’impôt sur le revenu prélevé à la source représente une déduction de 265 € sur leurs revenus.

Au total, les charges fixes du foyer s’élèvent à 2 208 €, dont environ 1 347 € sont à la charge de Damien, sur ses 2 380 € de salaire. Cela laisse un reste de plus de 1 000 € pour les autres dépenses.

Les dépenses variables et l’épargne

Les courses alimentaires mensuelles coûtent environ 480 €, tandis que le couple limite son budget sorties à 80 €. Ils consacrent 70 € par mois aux vêtements et achats personnels, et prévoient 60 € pour leur fille. Les loisirs et vacances sont également budgétés, avec 150 € mis de côté chaque mois pour des projets futurs.

Damien et Audrey essaient de constituer un apport pour l’achat d’une maison dans deux ans. Ils parviennent à épargner 300 € par mois sur un Livret A, alors qu’Audrey met de côté 150 € de son côté. Le couple vise à atteindre un total de 25 000 € d’ici 2025.

Actuellement, leur solde mensuel après épargne oscille entre 100 et 170 €, ce qui leur permet de faire face aux imprévus. Damien, conscient des risques d’endettement, reste vigilant sur sa gestion financière, ne touchant pas à leur épargne sauf en cas d’urgence.

Bien que Damien se situe légèrement au-dessus du salaire médian en France, il exprime une certaine frustration face aux préjugés concernant les rémunérations des policiers. Son parcours démontre que derrière des chiffres, se cachent des sacrifices et des choix difficiles à faire au quotidien.