David Amiel propose une négociation sociale sur l’intelligence artificielle dans la fonction publique

Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a annoncé le lancement d’une initiative visant à instaurer une « négociation sociale » concernant l’intelligence artificielle (IA) au sein de la fonction publique. Cette démarche vise à établir des usages prioritaires et des principes éthiques pour le déploiement de l’IA dans le secteur public.

EN BREF

  • David Amiel veut ouvrir des négociations sur l’IA dans la fonction publique.
  • 80 % des agents sondés souhaitent un déploiement élargi des outils d’IA.
  • Le ministre met en garde contre les usages non encadrés de l’IA.

Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, le 5 avril, David Amiel a souligné l’urgence d’agir face à la transformation majeure que l’IA impose au monde du travail. Il a déclaré que l’objectif est d’aboutir à un accord d’ici l’automne, en impliquant les organisations syndicales et les représentants des employeurs dans un dialogue social renforcé.

Amiel ambitionne de faire de la France un pays « pionnier » en matière d’intelligence artificielle au sein des administrations publiques. « L’enjeu sera notamment de définir des usages prioritaires de l’IA, de fixer les principes éthiques, de souveraineté, de formation, d’accompagnement », a-t-il précisé, insistant sur l’importance d’une « IA d’intérêt général » qui soit au service des agents publics et de la collectivité, plutôt que soumise aux intérêts d’acteurs étrangers.

Concernant l’impact sur l’emploi, le ministre a tenu à rassurer le personnel : « Ce n’est pas le but de ce plan IA » qui vise plutôt à « libérer du temps de paperasse et gagner du temps de relations humaines ». En effet, une enquête réalisée auprès de 2 000 agents issus de neuf administrations a révélé que 80 % des répondants souhaitent un déploiement plus large des outils d’IA, tandis que 73 % considèrent que cela améliorerait leur productivité.

Cependant, David Amiel a également mis en lumière les risques associés à une utilisation non régulée de l’IA. Plus de la moitié des agents interrogés utilisent des outils d’IA en dehors des cadres établis, comme ChatGPT. Pour lui, « le danger est d’avoir une IA clandestine qui se déploie » sans protection adéquate des données et de l’indépendance nationale.

Ce projet de négociation sociale représente une étape cruciale pour encadrer le développement de l’intelligence artificielle dans la fonction publique, avec l’ambition de garantir un cadre éthique et responsable. David Amiel espère ainsi que cette initiative permettra à la France de se positionner favorablement dans le paysage mondial de l’IA, tout en préservant les intérêts des agents publics et la souveraineté nationale.