Le décès de Maricarmen Abascal, une octogénaire espagnole dont l’expulsion de son logement à Madrid a provoqué une vague d’indignation, a été annoncé ce mercredi 7 octobre. Son histoire, devenue emblématique des luttes pour le droit au logement en Espagne, a largement mobilisé l’opinion publique et suscité des réactions politiques importantes.
EN BREF
- Maricarmen Abascal est décédée le 7 octobre après son expulsion controversée.
- Sa situation a provoqué des manifestations massives et des appels à des élections anticipées.
- Le gouvernement a réagi avec de nouvelles mesures sur le logement après des mobilisations populaires.
Maricarmen Abascal avait 87 ans au moment de son décès. Le syndicat des locataires de Madrid a exprimé son chagrin en déclarant : « Nous avons le regret d’annoncer que Maricarmen est décédée aujourd’hui » et a salué son combat pour le droit au logement comme « un tournant dans l’histoire de ce pays ». Cette annonce a été suivie de rassemblements en hommage à l’octogénaire, où des centaines de manifestants ont scandé des slogans tels que « Maricarmen vit, la lutte continue » et « On ne tolérera pas une expulsion de plus ! ».
Le mouvement de protestation a pris de l’ampleur après l’expulsion de Maricarmen de son appartement le 23 septembre dernier. Cette expulsion avait été orchestrée par une société immobilière qui avait considérablement augmenté le loyer, forçant ainsi l’octogénaire à quitter son domicile sur un brancard, ce qui a choqué l’opinion publique.
À la Puerta del Sol, où des manifestants ont campé pendant dix jours pour exprimer leur colère, l’atmosphère était empreinte de tristesse. Des bougies ont été allumées en mémoire de Maricarmen, et une minute de silence a été observée. Les participants ont partagé leur indignation face à une situation qu’ils considèrent comme intolérable dans un pays où de nombreuses personnes sont confrontées aux mêmes difficultés.
« Je me reconnais dans cette situation, et en plus je souffre de la même chose. J’ai un enfant et je n’ai pas de foyer », a déclaré Ashely Pérez, une jeune militaire de 23 ans, qui vit dans une caserne faute de moyens pour payer un loyer. Son témoignage illustre la précarité croissante que vivent de nombreux Espagnols sur le marché du logement.
Les appels à la mobilisation ont été renforcés par le décès de Maricarmen. Nora Boumghait, une jeune employée de marketing, a exprimé son émotion en déclarant : « On a tué Maricarmen. Les derniers jours d’une femme de 87 ans ont été remplis d’angoisse et se sont passés à l’hôpital ». Son discours a souligné la nécessité de continuer la lutte pour le droit au logement, qui a été mise en lumière par l’histoire tragique de Maricarmen.
La réaction politique a été rapide. Le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, a exprimé ses condoléances sur les réseaux sociaux, adressant son soutien à la famille de Maricarmen et à ceux qui ressentent cette perte. Son rival de droite, Alberto Nunez Feijoo, a appelé au respect et à l’évitement de toute instrumentalisation politique de cette tragédie, surtout à l’aube d’une campagne électorale imminente où le logement est un sujet central.
Face à la montée des mobilisations, le gouvernement a récemment promulgué deux décrets pour tenter de contenir la crise du logement. Cependant, ces mesures ont été rejetées par les députés, indiquant un climat politique tendu. Dans la foulée de manifestations massives survenues dans plusieurs villes d’Espagne, le Premier ministre a annoncé la convocation d’élections législatives anticipées prévues pour le 29 novembre.
Les syndicats espagnols ont également prévu une grève générale le 11 novembre, moins de trois semaines avant les élections, pour exiger des « meilleurs salaires » et un « logement digne ». L’engagement des citoyens pour ces questions semble plus fort que jamais, galvanisé par le souvenir de Maricarmen Abascal et son combat pour un logement accessible.