Décès d’Hermann : un géant de la bande dessinée franco-belge nous quitte

Le monde de la bande dessinée est en deuil après la disparition d’Hermann Huppen, connu sous le nom d’Hermann, un des piliers du 9e art en Belgique. L’auteur, âgé de 88 ans, a rendu son dernier souffle dimanche, laissant derrière lui une œuvre monumentale reconnue par des générations de lecteurs.

EN BREF

  • Hermann, auteur emblématique de BD, est décédé à 88 ans à Bruxelles.
  • Il a publié 120 albums et a influencé le genre avec ses récits réalistes.
  • Son dernier album, « Cartagena », est prévu pour le 30 avril prochain.

Né le 17 juillet 1938 à Bévercé, près de Liège, Hermann a su marquer le paysage de la bande dessinée franco-belge grâce à sa créativité sans bornes. Son parcours, qui a débuté dans les pages du journal Tintin, s’est étendu sur près de six décennies, lui permettant de publier un impressionnant catalogue de 120 albums.

La maison d’édition Le Lombard, qui a publié une grande partie de son œuvre, a salué l’immense contribution d’Hermann au monde de la bande dessinée. Dans un communiqué, elle a souligné que la communauté des amateurs de BD venait de perdre un auteur d’une grande envergure. Hermann a succombé à un cancer, après avoir été hospitalisé à Bruxelles.

Considéré comme un des plus grands dessinateurs réalistes de la BD, Hermann a exploré une pluralité de genres. Parmi ses œuvres les plus emblématiques, on trouve Comanche, un western captivant, Jeremiah, un récit d’anticipation, et Les Tours de Bois-Maury, une saga médiévale. Le dessinateur a également su se plonger dans le fantastique avec des titres tels que Abominable.

En 2016, il a été honoré du Grand Prix de la Ville d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre, une reconnaissance témoignant de son impact sur le 9e art. Hermann a su se démarquer par une approche plus réaliste et mature de la bande dessinée, à une époque où le genre était souvent destiné à un public jeune. Sa série Jeremiah, débutée à la fin des années 1970, incarne cette vision, se présentant comme un incontournable de la science-fiction post-apocalyptique.

Cette série, qui compte 42 albums, a même été adaptée en série télévisée aux États-Unis en 2001, démontrant l’ampleur de son influence. Par ailleurs, Hermann a collaboré avec son fils, Yves H., pour plusieurs albums, apportant une nouvelle dimension à son travail. Ensemble, ils ont réussi à créer des histoires qui résonnent avec des thèmes contemporains et universels.

À partir des années 1990, Hermann a diversifié son répertoire avec des récits complets tels que Sarajevo Tango et Afrika. Son dernier projet, Duke, un western développé en sept tomes, témoigne de sa capacité à évoluer tout au long de sa carrière. Le public attend également avec impatience la sortie de son ultime album, Cartagena, prévue pour le 30 avril.

Hermann laisse derrière lui un héritage indélébile, ayant inspiré de nombreux dessinateurs et continuant d’influencer les générations futures. Son style unique et ses récits profonds ont ouvert la voie à une compréhension plus adulte et nuancée de la bande dessinée. Sa disparition est ressentie comme une perte immense par tous ceux qui ont eu la chance de découvrir son œuvre.