Déclaration d’impôts : ce que doivent savoir les vendeurs sur Vinted et Leboncoin

Avec l’explosion des ventes en ligne, de nombreux particuliers se sont tournés vers des plateformes comme Vinted et Leboncoin pour vendre des articles d’occasion. Cependant, la déclaration fiscale liée à ces ventes peut s’avérer complexe, et des millions de vendeurs pourraient risquer un redressement fiscal sans le savoir. Cet article met en lumière les nouvelles obligations fiscales des vendeurs occasionnels.

EN BREF

  • Les ventes sur Vinted et Leboncoin doivent être déclarées avec prudence.
  • Un nouveau seuil fiscal a été instauré pour les transactions.
  • Les vendeurs occasionnels doivent éviter de cocher certaines cases sur leur déclaration.

Marie, par exemple, a vidé son dressing pendant le confinement et continue de vendre des vêtements sur Vinted. En 2025, elle a réalisé 847 euros de chiffre d’affaires en 34 transactions, sans avoir acheté d’articles pour les revendre. Pourtant, lorsque Vinted lui a demandé de fournir son numéro fiscal dans le cadre du rapport DAC7, elle a craint d’avoir à payer des impôts sur l’intégralité de ses ventes. Heureusement, ce n’est pas le cas. Mais combien d’autres vendeurs se retrouvent dans la même situation, sans savoir quoi déclarer ?

Depuis le 1er janvier 2023, la directive européenne DAC7 impose aux plateformes de vente entre particuliers de transmettre des informations à la Direction générale des Finances publiques (DGFiP). Cela inclut l’identité des vendeurs, leurs coordonnées bancaires, ainsi que le montant total des ventes réalisées. Ce rapport doit être envoyé avant le 31 janvier de chaque année.

Le changement majeur réside dans le seuil de déclenchement des déclarations. L’ancienne règle exigeait de dépasser 3 000 euros et 20 transactions. Désormais, il suffit de réaliser 2 000 euros ou 30 transactions, ce qui piège de nombreux vendeurs occasionnels. Par exemple, même si l’on a réalisé 35 ventes pour un total de 800 euros, Vinted transmet tout de même les données au fisc.

Il est essentiel de comprendre que le signalement des ventes n’implique pas nécessairement une imposition. La DGFiP croise les données reçues avec le fichier FICOBA, qui répertorie tous les comptes bancaires. Cela permet à l’administration fiscale de déterminer au cas par cas si une enquête est nécessaire. La plupart des vendeurs occasionnels, comme Marie, ne doivent rien. Cependant, la méconnaissance des règles peut entraîner des erreurs de déclaration.

Le Code général des impôts précise que la vente de biens personnels d’occasion n’est pas imposable tant que trois conditions sont respectées : les articles doivent avoir été achetés pour un usage personnel, revendus à un prix inférieur à leur prix d’achat, et la revente ne doit pas être effectuée de manière habituelle dans un but lucratif. Ainsi, si vous vendez vos vêtements à perte, vous n’avez rien à déclarer.

Le piège réside dans le fait que les revenus issus des ventes sur ces plateformes peuvent apparaître sur la déclaration pré-remplie sur le site impots.gouv.fr. Leur présence ne signifie pas que vous devez payer des impôts. Il est crucial de ne pas les inscrire dans les cases BIC, réservées aux activités commerciales, car cela pourrait entraîner une imposition indue.

Il est important de savoir que la frontière entre le vendeur occasionnel et celui qui risque un redressement fiscal est claire : l’achat-revente. Si vous acquérez des articles dans le but de les revendre à profit, vous êtes considéré comme un professionnel et devez remplir des obligations fiscales spécifiques. Cela inclut la création d’un statut de micro-entrepreneur et la déclaration de vos revenus. Les ventes répétitives et les marges importantes sont des indicateurs que le fisc surveille de près.

Il existe également des cas spécifiques où même les vendeurs occasionnels peuvent être soumis à l’impôt. Les bijoux, objets d’art ou d’antiquité vendus à plus de 5 000 euros, ainsi que les métaux précieux, sont soumis à une taxation forfaitaire. De plus, tout bien meuble dont la plus-value dépasse 5 000 euros peut également être taxé.

La campagne de déclaration des revenus pour 2025 a débuté le 9 avril 2026. Les délais de déclaration en ligne varient selon les départements. Il est donc crucial de vérifier votre déclaration pré-remplie. Si vous voyez des revenus de plateformes, ne paniquez pas. N’oubliez pas de conserver toutes vos preuves d’achat, car elles constituent votre meilleure défense en cas de contrôle.

Enfin, si vous réalisez de l’achat-revente, il est impératif de le déclarer. Les redressements fiscaux concernant les vendeurs sur plateformes sont en forte hausse, et les sanctions peuvent être sévères. La transparence reste la meilleure méthode pour éviter les ennuis avec l’administration fiscale.