La police espagnole a récemment révélé la découverte d’un tunnel souterrain d’une ampleur impressionnante, utilisé pour le transport de haschich entre le Maroc et l’Espagne. Cette opération, qui s’est étalée sur plus d’un an, a mis à jour une infrastructure complexe, digne d’une véritable mine, reliant Ceuta, enclave espagnole située au Maroc, à la péninsule ibérique.
EN BREF
- Un tunnel souterrain sophistiqué a été découvert à Ceuta, reliant le Maroc à l’Espagne.
- Plus de 17 tonnes de haschich ont été saisies, avec 27 arrestations effectuées.
- Le tunnel, d’une profondeur de 19 mètres, était équipé de rails et de wagons pour le transport.
Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur espagnol, ce tunnel était non seulement camouflé derrière un grand réfrigérateur insonorisé, mais il comportait également trois niveaux : un puits d’accès, une chambre intermédiaire pour le stockage des paquets et un couloir direct menant au Maroc. Ce système ingénieux a permis aux trafiquants de déplacer des ballots de haschich sans éveiller les soupçons des autorités.
Le tunnel, d’une profondeur impressionnante de 19 mètres, était doté de rails, de wagons, de poulies et de grues de petite taille, facilitant ainsi le transport des palettes de drogue. Tout le complexe était dissimulé sous un hangar industriel, et un système de pompage associé à une isolation acoustique garantissait le bon fonctionnement de l’infrastructure, rendant d’autant plus difficile la détection par les forces de l’ordre.
Antonio Martínez, le responsable de l’enquête, a souligné que la longueur totale du tunnel n’a pas encore pu être déterminée, car celui-ci est actuellement inondé. Les dimensions de l’ouvrage, avec une hauteur de 1,20 mètre et une largeur de 80 centimètres, témoignent d’une construction élaborée, orchestrée par une organisation criminelle puissante et bien rodée.
Cette découverte s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre le trafic de drogue en Espagne. Des saisies répétées de stupéfiants, tant à Ceuta qu’en Andalousie, avaient déjà attiré l’attention des enquêteurs sur ce réseau criminel actif, qui entretenait des connexions jusqu’en Galice, une région traditionnellement impliquée dans le trafic de drogue.
La fin de cette opération a été marquée par l’arrestation, dans la nuit du 26 mars, de l’une des figures clés du réseau. Les perquisitions qui ont suivi ont permis de retrouver 1,4 million d’euros en liquide ainsi que 17 voitures de luxe, symboles des bénéfices colossaux générés par cette activité illégale.
Il convient de rappeler que l’Espagne, en raison de sa proximité géographique avec le Maroc, représente un point de passage stratégique pour les trafiquants de drogue souhaitant acheminer leurs produits vers l’Europe. Le Maroc, l’un des principaux producteurs de cannabis, continue d’alimenter ce marché noir, rendant les efforts des autorités encore plus cruciaux.
La lutte contre le trafic de drogue, symbolisée par cette opération spectaculaire, met en lumière les défis auxquels les forces de l’ordre sont confrontées face à des organisations de plus en plus sophistiquées. La vigilance et la coopération internationale demeurent des éléments clés pour contrer cette menace persistante.