Une vaste opération de lutte contre l’escroquerie en ligne a été menée à Madagascar, entraînant le démantèlement de 13 centres d’arnaque gérés par des ressortissants chinois. Cette action, qui a mobilisé des enquêteurs américains, a conduit à l’arrestation de 500 personnes, selon les déclarations des autorités américaines.
EN BREF
- Démantèlement de 13 centres d’escroquerie à Madagascar, 500 personnes arrêtées.
- Saisies de près de 52 millions de dollars en cryptomonnaies.
- Les réseaux d’escroquerie s’étendent au-delà de l’Asie, touchant plusieurs continents.
La procureure fédérale de Washington, Jeanine Pirro, a précisé que les enquêteurs américains avaient été envoyés à Madagascar au cours des dernières semaines pour contribuer aux investigations. Ces efforts ont permis d’identifier et de saisir plus de 3.200 appareils électroniques utilisés dans le cadre de ces activités criminelles.
Selon Jeanine Pirro, les réseaux d’escroquerie ne se limitent plus à l’Asie du Sud-Est, mais s’étendent désormais à travers l’Asie, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique centrale. Cette expansion pose des défis croissants pour les autorités, qui tentent de lutter contre ces pratiques frauduleuses.
Le ministère américain de la Justice a également annoncé la saisie des chaînes Telegram associées à Xinbi Guarantee, ainsi que des services liés à des faux sites et au blanchiment d’argent. Xinbi Marketplace, qui compte plus de 650.000 utilisateurs, est principalement hébergée sur Telegram. Les opérations de ce réseau ont été jugées très lucratives, générant des revenus estimés à près de 40 milliards de dollars par an, dont 12 milliards proviennent des États-Unis.
Dans le cadre de cette opération, le Trésor américain a imposé des sanctions à Xinbi Guarantee, déjà visée par des mesures similaires au Royaume-Uni, ainsi qu’à deux entités soutenant ses activités. Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large, le ministère de la Justice ayant mis en place, depuis novembre 2025, une unité spécialisée dans la lutte contre les réseaux d’escroquerie en ligne liés aux cryptomonnaies.
En parallèle, les autorités malgaches ont annoncé que 50 ressortissants chinois condamnés pour des infractions liées à l’escroquerie en ligne seront transférés vers leur pays d’origine. Il est précisé qu’il ne s’agit pas d’une remise en liberté, mais d’un transfert pour qu’ils purgent leur peine dans les établissements pénitentiaires chinois.
Des structures similaires aux centres démantelés à Madagascar ont été signalées en Birmanie et au Cambodge. La portée de ces réseaux d’escroquerie en ligne soulève des préoccupations croissantes au niveau international, mettant en lumière la nécessité d’une coopération efficace entre les pays pour lutter contre ce fléau.