Dépistage précoce de la maladie du foie gras : enjeux et recommandations

La maladie du « foie gras », également connue sous le nom de MASH (stéatohépatite métabolique), touche environ 8 millions de Français. Cette maladie, qui se caractérise par une accumulation de graisse dans le foie, est souvent silencieuse et ne présente des symptômes que dans ses stades avancés, ce qui la rend difficile à détecter à temps.

EN BREF

  • La MASH touche près de 8 millions de personnes en France.
  • Les premiers signes apparaissent souvent à un stade avancé de la maladie.
  • Des tests de dépistage précoce existent mais sont souvent non remboursés.

Selon le Pr Lawrence Serfaty, gastro-entérologue hépatologue et président du Paris Mash Meeting, la MASH est un défi de santé publique. Contrairement à la cirrhose liée à une consommation excessive d’alcool, cette pathologie est souvent liée à des facteurs métaboliques comme l’obésité, le diabète et l’hypertension. Environ 200 000 personnes sont à risque de développer des formes avancées de la maladie.

Les patients atteints de MASH restent généralement asymptomatiques durant une longue période, ce qui complique le diagnostic précoce. Les premières manifestations cliniques peuvent ne se manifester qu’une fois que la maladie a atteint un stade critique, comme la cirrhose ou le cancer du foie. Le test FIB-4, qui évalue le risque de fibrose hépatique, est un des outils de dépistage disponibles. Il se base sur des données simples, comme le taux de plaquettes et de transaminases, ainsi que l’âge du patient.

En cas de résultat positif, des examens complémentaires sont recommandés, tels que le Fibroscan, qui mesure l’élasticité du foie, ou un test sanguin plus approfondi. Malheureusement, ces examens ne sont pas toujours remboursés, ce qui pousse certains patients à renoncer à des soins potentiellement salvateurs.

Les complications de la MASH ne se limitent pas au foie. Les risques de développer divers cancers, y compris ceux du sein, des poumons et du côlon, augmentent considérablement chez les patients atteints. Ce phénomène pourrait expliquer la hausse observée des cancers chez les jeunes adultes.

Pour lutter contre cette maladie, des changements dans le mode de vie sont cruciaux. Le Pr Serfaty souligne que perdre 10% de son poids peut entraîner une régression significative de l’inflammation hépatique. Cependant, de nombreux patients, souvent obèses ou diabétiques, ont déjà tenté sans succès d’atteindre cet objectif.

Des thérapies innovantes sont en cours d’évaluation. Les analogues du GLP-1, conçus pour traiter l’obésité, montrent des effets bénéfiques sur la santé hépatique. Bien qu’ils soient actuellement autorisés uniquement pour l’obésité, un élargissement de leur utilisation à la MASH est envisagé. De plus, un traitement spécifique, le resmetirom, qui agit comme un dégraisseur sur les récepteurs du foie, a déjà reçu une autorisation en Europe et pourrait bientôt être disponible.

Ces avancées thérapeutiques offrent des perspectives prometteuses pour le traitement de la MASH. Elles pourraient permettre aux médecins de personnaliser les soins en fonction des besoins spécifiques de chaque patient. L’importance d’une détection précoce et d’un traitement adapté ne saurait être sous-estimée dans la lutte contre cette maladie complexe.

Il est donc essentiel que les patients à risque, notamment ceux présentant des facteurs métaboliques, soient informés des tests de dépistage disponibles et de l’importance de la prise en charge précoce pour éviter les complications graves associées à la MASH.