Des agents de sécurité russes à bord du pétrolier Boracay arraisonné par la France

Le 23 février 2024, l’affaire du pétrolier Boracay, arraisonné par la France, prend une tournure inattendue. Selon des sources françaises, deux agents de sécurité russes étaient à bord du navire au moment de son interception. Ces éléments soulignent l’implication croissante de la Russie dans l’utilisation de sa flotte fantôme pour contourner les sanctions internationales.

EN BREF

  • Deux agents de sécurité russes étaient à bord du pétrolier Boracay lors de son arraisonnement.
  • Le navire est suspecté d’être impliqué dans des activités d’espionnage et de renseignement.
  • Les autorités françaises et européennes envisagent des sanctions supplémentaires contre la flotte fantôme russe.

Le Boracay, un pétrolier de la flotte fantôme russe, a été arraisonné début septembre par des commandos marins français au large de Bretagne. Le capitaine du navire est actuellement jugé pour son refus d’obtempérer aux ordres des autorités. Ce navire transportait une cargaison de pétrole d’une grande importance, suscitant des inquiétudes sur les implications géopolitiques de son interception.

Les deux agents russes, identifiés comme Aleksander T. et Maksim D., étaient employés par la société militaire privée Moran Security Group. Cette entreprise, fondée par d’anciens membres des services secrets russes, est sous sanctions américaines et entretient des relations étroites avec le gouvernement russe. Ils ont embarqué sur le Boracay à Primorsk, près de Saint-Pétersbourg, le 20 septembre, et apparaissaient sur la liste d’équipage comme « techniciens ».

La mission de ces agents à bord était apparemment de protéger le navire et de s’assurer que le capitaine respectait les directives alignées avec les intérêts russes, tout en collectant des informations. Leur présence a été confirmée par l’avocat du capitaine, qui a déclaré qu’ils ne faisaient pas partie de l’équipage marin au sens conventionnel, mais plutôt des représentants de la cargaison.

Les activités de la flotte fantôme, qui compte entre 600 et 1 400 navires, visent à contourner les sanctions occidentales sur les exportations de pétrole russe. Ces navires sont souvent escortés par des équipes de sécurité fournies par Moran, qui, selon des sources, photographient des infrastructures militaires et surveillent les activités navales des pays européens.

Le président français Emmanuel Macron a exprimé son intention de renforcer la pression sur cette flotte pour empêcher la Russie de financer ses opérations en Ukraine. Un autre pétrolier, le Grinch, a été arraisonné en janvier, illustrant la détermination de la France à lutter contre ces activités.

Le Boracay, qui a été rebaptisé « Phoenix », mouille actuellement près du port de Rizhao, en Chine, après avoir changé de pavillon. Ce changement est symptomatique des manœuvres déployées par la Russie pour échapper aux sanctions.

Les experts soulignent que la présence de Moran dans la flotte fantôme pourrait indiquer une coordination entre les sociétés militaires privées et l’État russe, suggérant que ces agents jouent un rôle clé dans les opérations maritimes de Moscou. Les activités suspectes des pétroliers russes, notamment des survols de drones ayant perturbé le trafic aérien danois, ajoutent une couche d’inquiétude à cette situation complexe.

En réponse à la menace croissante, l’Union européenne envisage de nouvelles sanctions contre la flotte fantôme. Cependant, des complications politiques, comme le veto de la Hongrie, entravent l’adoption de ces mesures. Cette situation met en lumière les défis auxquels font face les pays européens pour faire face à la stratégie maritime de la Russie, tout en maintenant leur sécurité nationale.

La problématique du Boracay et des agents de sécurité russes à bord soulève des questions cruciales sur la sécurité maritime et l’intégrité des opérations de renseignement en Europe. La vigilance des autorités sera essentielle pour contrer ces menaces émergentes dans un contexte géopolitique en constante évolution.