Des anciens élèves dénoncent des violences sexuelles dans des écoles privées catholiques

Ces derniers jours, un collectif d’anciens élèves a pris la parole pour dénoncer des violences physiques et sexuelles subies dans des établissements catholiques privés. Selon les témoignages recueillis, ces actes se seraient produits au sein de la congrégation des Frères des écoles chrétiennes, touchant des mineurs dans des conditions alarmantes.

EN BREF

  • Vingt anciens élèves dénoncent des violences physiques et sexuelles.
  • Appel à l’ouverture des archives et création d’un fonds de réparation.
  • La congrégation affirme prendre ces accusations très au sérieux.

Le collectif, formé par une vingtaine de victimes, dénonce des pratiques passées qui incluent des punitions corporelles, des humiliations et des agressions sexuelles sur des jeunes de moins de 15 ans. Ces faits, selon la France Inter, se seraient déroulés dans plusieurs établissements lasalliens et s’étendraient sur plusieurs décennies. Les victimes réclament une reconnaissance officielle des responsabilités de l’institution, ainsi qu’un appel national à témoigner.

Philippe, co-fondateur du collectif, a partagé son inquiétude, déclarant : « Potentiellement, on a un petit Bétharram dans chaque établissement puisque l’on avait dans tous ces établissements un prédateur ou un bourreau. » Ces déclarations mettent en lumière non seulement des cas isolés, mais un système qui, selon les victimes, favoriserait le silence et l’impunité.

Les demandes du collectif vont au-delà d’une simple reconnaissance des abus. Il appelle à l’ouverture complète des archives de la congrégation, qui gère actuellement environ 150 établissements. Les victimes souhaitent également la création d’un fonds de réparation pour indemniser les préjudices subis, critiquant les mesures d’indemnisation existantes jugées insuffisantes face à l’ampleur des violences vécues.

La congrégation des Frères des écoles chrétiennes a réagi en affirmant prendre ces accusations « très au sérieux ». Dans un communiqué, elle a rappelé avoir mis en place une cellule d’écoute dès 2014, et qu’elle procède à des signalements systématiques à la justice en cas de faits susceptibles de qualification pénale. Selon leurs déclarations, « 72 saisines de la cellule d’écoute de la Congrégation ont été enregistrées », portant sur des actes qui auraient eu lieu entre les années 1950 et 1980, dont 70 ont conduit à des indemnisations financières.

Cette mise en lumière des abus s’inscrit dans un contexte plus large où de nombreux témoignages émergent au sein de l’enseignement catholique privé. Les membres du collectif croient fermement que les violences décrites sont représentatives d’un système en place, et non de cas isolés. Leur appel à l’action vise à briser le silence qui entoure ces abus et à obtenir justice pour les victimes.

Alors que la société prend conscience de ces problèmes, le chemin vers la reconnaissance et la réparation semble encore long. Les victimes espèrent que leur démarche incitera d’autres à s’exprimer et à dénoncer les abus qu’ils ont subis, contribuant ainsi à un changement nécessaire au sein de ces institutions.