Une récente étude met en lumière des changements de comportement qui pourraient signaler des signes précoces de démence. Réalisée par des chercheurs du Karolinska Institutet en Suède et de l’université de Pérouse en Italie, cette recherche souligne l’importance de reconnaître ces symptômes pour une intervention précoce.
EN BREF
- Des changements de comportement peuvent indiquer une démence précoce.
- Plus de 1200 personnes âgées ont été suivies dans l’étude.
- Des facteurs de risque comme le cholestérol et la glycémie influencent ces symptômes.
Les signes précurseurs de la démence, tels que l’oubli d’événements récents ou la désorientation, sont souvent négligés. Pourtant, selon les résultats de l’étude publiée dans la revue Alzheimer’s & Dementia, ces symptômes neuropsychiatriques sont fréquents et peuvent être observés même chez des personnes ne présentant pas de démence avérée.
Les chercheurs ont analysé un échantillon de plus de 1.200 participants âgés de 65 ans et plus, ayant consulté une clinique de la mémoire. Chaque participant a subi une série de tests, incluant des évaluations neuropsychologiques complètes, des vérifications de leur état de santé et des analyses de sang. Ces examens ont permis d’établir un lien entre les symptômes comportementaux et les facteurs de santé physique observés.
Identifications des symptômes
Les scientifiques ont identifié quatre profils distincts de symptômes neuropsychiatriques. Fait intéressant, 42 % des participants ne souffrant pas de démence présentaient déjà des signes de ces symptômes. Anna Marseglia, co-auteure de l’étude, souligne que ces symptômes doivent être pris au sérieux, car ils peuvent apparaître tôt et ne sont pas uniquement associés à la démence.
Afin de mieux comprendre l’impact de la santé physique sur ces symptômes, les chercheurs ont observé des corrélations avec des taux de cholestérol LDL élevé, un faible niveau de cholestérol HDL, des déséquilibres glycémiques et des troubles thyroïdiens. Ces éléments ouvrent la voie à des stratégies de prévention et à un soutien précoce, en ciblant des problèmes de santé qui pourraient être traités.
Prévention et habitudes de vie
Bien que la maladie d’Alzheimer ne puisse être prévenue totalement, certaines pratiques de vie peuvent réduire les risques de démence. Une alimentation équilibrée, favorisant les fruits, légumes, poissons et céréales, est essentielle. Des études antérieures ont démontré que le régime méditerranéen est associé à une diminution des risques liés à cette maladie neurodégénérative.
Une activité physique régulière est également primordiale. Les chercheurs recommandent un minimum de 150 minutes d’exercice modéré par semaine, pour améliorer la santé cardiovasculaire. Ce peut être aussi simple que de marcher, nager ou jardiner.
Maintenir des interactions sociales est tout aussi crucial. Des visites régulières à des proches ou la participation à des activités communautaires stimulent la mémoire et les capacités cognitives. On peut également s’engager dans des activités intellectuellement stimulantes, comme les jeux de société ou les mots croisés, pour garder le cerveau actif.
Il est également conseillé de limiter la consommation de tabac et d’alcool, qui sont des facteurs de risque pour la démence. Par ailleurs, la prise en charge précoce des facteurs de risque vasculaires, comme le contrôle de la tension artérielle et des bilans sanguins réguliers, est essentielle.
Enfin, le lien entre le sommeil et la démence est un domaine de recherche en pleine expansion. Des études montrent que les troubles du sommeil pourraient être liés à des changements cérébraux associés à la maladie d’Alzheimer. L’Association France Alzheimer préconise d’éviter les médicaments pouvant nuire à la mémoire, tels que certains psychotropes.
Les résultats de cette étude invitent à une prise de conscience sur l’importance des signes précoces de démence. Reconnaître ces changements comportementaux peut fournir des informations précieuses quant aux risques de progression vers une démence avérée.