Des débuts surprenants du Paris-Dakar : 182 participants et une Rolls en vedette

Le 26 décembre 1978, la place du Trocadéro à Paris se transforme en un vaste garage improvisé. Motos, buggies et 4×4 s’alignent face à la majestueuse tour Eiffel, mais sans stars ni millions de spectateurs comme aujourd’hui. Quarante-huit ans plus tard, cette course mythique a profondément évolué, tant sur le plan du parcours que de l’organisation.

EN BREF

  • Le premier Paris-Dakar comptait 182 partants, dont 74 ont atteint l’arrivée à Dakar.
  • Thierry Sabine, après une mésaventure dans le désert, a imaginé cette course pour partager son expérience.
  • La 48e édition, prévue en janvier 2026, se déroulera en Arabie Saoudite, loin des pistes africaines.

Cette histoire commence avec une mésaventure marquante. En 1977, Thierry Sabine se perd en moto dans le désert lors du rallye Abidjan-Nice. Pendant trois jours, il est sans eau ni boussole, jusqu’à ce qu’il soit retrouvé in extremis. Émerveillé par la beauté des paysages désertiques, il décide de créer une course qui permettrait à d’autres de vivre cette expérience unique. Il choisit un parcours débutant en Europe, traversant l’Algérie et le Niger, pour se terminer à Dakar.

Le départ est fixé au 26 décembre, une période creuse pour les médias, tout en offrant une belle visibilité à l’événement. Au Trocadéro, 182 véhicules sont présents : 80 autos, 90 motos et 12 camions. Tous sont engagés dans un classement général unique, sans catégories distinctes. Parmi les participants, des engins surprenants attirent l’attention, comme la Rolls de Thierry de Montcorgé et la Citroën CX pilotée par Jacky Ickx et l’acteur Claude Brasseur.

À l’époque, les moyens de communication sont modestes. Seuls 20 journalistes de 13 médias couvrent l’événement, bien loin des milliers de journalistes présents aujourd’hui. Le parcours de près de 10 000 kilomètres traverse l’Algérie, le Niger, le Mali, la Haute-Volta (actuel Burkina Faso) et se termine à Dakar le 14 janvier 1979. Le rallye dure près de trois semaines, et sur les 182 partants, seuls 74 atteignent la ligne d’arrivée, soit un peu plus de deux sur cinq.

Le coût de l’épreuve se révèle tragique, avec la perte de deux motards, Daniel Hugon et Michel Lutz. Beaucoup de participants ne sont pas préparés, tant physiquement que mentalement, à une aventure aussi éprouvante. Le vainqueur, Cyril Neveu, remporte la course à moto. Ce fait marquant souligne que, face aux équipes professionnelles, des amateurs peuvent encore triompher.

Ce détail a contribué à forger la légende du Dakar, mais aujourd’hui, la situation a fortement changé. En janvier 2026, la 48e édition se déroulera du 3 au 17 janvier dans le désert d’Arabie Saoudite, et Dakar n’est plus sur la carte. Le départ sera donné à Yanbu, en bord de mer Rouge, pour un retour prévu deux semaines plus tard.

Avec un prologue et 13 étapes, les participants parcourront près de 8 000 kilomètres, dont environ 5 000 de spéciales chronométrées. Bien que le parcours soit plus court qu’en 1979, il est également plus balisé, ce qui change la nature de la compétition. Pour cette édition, l’organisation attend 812 concurrents de 69 nationalités, qui se répartiront entre plusieurs catégories allant des motos aux véhicules historiques du Dakar Classic.

La diversité des classes est une autre évolution majeure. En 1978, un seul classement s’appliquait à tous. En 2026, chaque catégorie aura son propre podium, reflétant la spécialisation des véhicules qui, aujourd’hui, sont conçus exclusivement pour les défis du désert.

La transformation du rallye s’explique aussi par un événement marquant : l’annulation en 2008 de l’édition prévue à Lisbonne, en raison de menaces terroristes en Mauritanie. Cet incident a conduit à un changement de parcours, éloignant ainsi la course de ses racines africaines. Depuis 2020, le Dakar se déroule dans le désert saoudien, devenant simplement « Dakar ».

Malgré ces changements, l’esprit de Thierry Sabine demeure présent : le désert, les bivouacs et des pilotes qui comptent sur leurs propres compétences. Ce qui était autrefois perçu comme une course excentrique, avec des voitures peu adaptées comme la Rolls, est devenu un événement professionnellement organisé. Qui sait comment la course sera perçue dans 30 ans ?

Ce voyage à travers le temps rappelle que non seulement les courses automobiles, mais aussi nos routes de vacances et les objets du quotidien ont profondément évolué. De la station-service d’antan aux aires d’autoroute modernes, chaque élément raconte une histoire de changement, comme le ticket de Disney World de 1971, une pièce de nostalgie pour beaucoup.