Des études alertent sur les risques de diabète et hypertension liés aux additifs alimentaires

Les additifs alimentaires, omniprésents dans notre alimentation quotidienne, suscitent une inquiétude croissante concernant leur impact sur la santé. Une équipe de recherche regroupant des spécialistes de l’Inserm, de l’Inrae, de la Sorbonne Paris Nord, de l’Université Paris Cité et du Cnam a publié ce jeudi trois études révélatrices sur ce sujet dans des revues scientifiques renommées.

EN BREF

  • Les colorants et conservateurs alimentaires augmentent les risques de maladies chroniques.
  • Des études montrent un lien entre l’exposition à ces additifs et le diabète, le cancer, et l’hypertension.
  • Les chercheurs recommandent de limiter la consommation d’additifs non essentiels.

Un constat alarmant sur les additifs alimentaires

Sur les 3,5 millions de produits alimentaires et de boissons recensés dans la base Open Food Facts, plus de 139 000 contiennent au moins un colorant et plus de 700 000, au moins un conservateur. Ces substances sont couramment utilisées dans les sodas, les charcuteries, les plats préparés et les confiseries. Pourtant, leur présence dans notre alimentation soulève des questions sur leur innocuité.

Les travaux publiés récemment se sont concentrés sur les effets des colorants alimentaires, codés « E100 » à « E199 », ainsi que sur ceux des conservateurs, allant de « E200 » à « E399 ». L’analyse a été réalisée à partir de la cohorte NutriNet-Santé, qui suit plus de 100 000 participants depuis 2009. L’Inserm souligne l’absence d’études épidémiologiques précises jusqu’à présent sur les conséquences de ces additifs sur la santé.

Des résultats préoccupants

Les premières études mettent en lumière des associations significatives entre la consommation de colorants et le risque accru de diabète de type 2 et de cancer. En effet, les individus les plus consommateurs de ces colorants présentent un risque de diabète supérieur de 38 % par rapport aux moins exposés. De plus, une augmentation de 14 % du risque de cancer global a été observée, avec des hausses spécifiques de 21 % pour le cancer du sein et de 32 % pour le cancer du sein post-ménopausique.

La troisième étude s’est penchée sur les conservateurs. Les résultats indiquent que les consommateurs les plus exposés à ces substances courent un risque d’hypertension 24 % plus élevé que ceux qui en consomment moins. En particulier, les conservateurs non antioxydants sont associés à une hausse de 29 % du risque d’hypertension et de 16 % du risque de maladies cardiovasculaires.

Appel à la réévaluation des normes de sécurité

Les auteurs de ces études appellent les autorités sanitaires à reconsidérer la sécurité de ces additifs à la lumière de ces nouvelles découvertes. Ils recommandent également de diminuer la consommation d’additifs non essentiels et de privilégier des aliments peu ou pas transformés pour réduire les risques pour la santé.

Alors que les études se multiplient, la question de la sécurité des additifs alimentaires devient un enjeu de santé publique majeur. Les résultats de ces recherches soulignent l’importance d’une vigilance accrue dans le choix de nos aliments.