Des faux courriers de mise en demeure inquiètent les entreprises en France

Plusieurs dizaines d’entreprises et d’auto-entrepreneurs en France font face à une nouvelle forme d’escroquerie : des lettres de mise en demeure frauduleuses. Ces courriers, prétendument émis par une entité appelée DGRFO, demandent le paiement d’une somme de 234,17 euros dans un délai de dix jours, par virement ou via un QR code.

EN BREF

  • Des lettres de mise en demeure frauduleuses ciblent des entreprises.
  • Les courriers imitent des styles officiels mais contiennent des erreurs.
  • Cette arnaque joue sur la peur des nouveaux entrepreneurs.

Une ostéopathe pour animaux, Noémie, a partagé son expérience après avoir reçu ce courrier. Dans une chronique de la radio ICI, elle exprime son inquiétude : « Quand je reçois ce courrier, je commence à stresser, me demandant à quoi cela peut correspondre, car toutes mes charges sont payées. » Ce sentiment d’angoisse est partagé par de nombreux autres entrepreneurs qui se sont également manifestés sur le site Signal Arnaques, qui a consacré une analyse à cette escroquerie bien organisée.

Les courriers frauduleux portent des indices révélateurs de leur fausse identité. D’une part, la mention de la DGRFO n’est pas authentique, car aucune direction générale ne porte ce nom. Ce sigle semble plutôt imiter celui de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes) tout en imitant le style de la DGFIP (Direction générale des Finances publiques). Par ailleurs, d’autres faux courriers sont signés par des entités fictives telles que DGCFFG ou DGARO.

Une autre caractéristique suspecte réside dans la formulation des premiers mots du courrier, qui commence par « Selon mes informations ». Une véritable mise en demeure n’emploie jamais une telle tournure, mais se présente de manière beaucoup plus directe et formelle.

Signal Arnaques souligne que cette arnaque repose sur une infrastructure soigneusement élaborée, impliquant la création de sociétés fictives destinées à capter les paiements. Des sites internet ont également été mis en ligne pour renforcer la crédibilité de ces courriers trompeurs.

Les entreprises ciblées par ces escroqueries sont souvent très récentes, certaines n’ayant que quelques semaines d’existence avant de recevoir ces lettres inquiétantes. Les arnaqueurs exploitent habilement la peur, l’ignorance et la confiance des nouveaux entrepreneurs, cherchant à les piéger.

Ce phénomène d’escroquerie n’est pas isolé. Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement ont entraîné des dépôts de plainte pour un préjudice total variant entre 670 millions d’euros et 820 millions d’euros entre 2016 et 2023. Ces chiffres témoignent de l’ampleur croissante de ce type de délit, qui vise particulièrement les professionnels peu expérimentés.

Face à cette situation, il est essentiel pour les entrepreneurs de rester vigilants et de s’informer sur les pratiques de fraude les plus courantes. En cas de réception de tels courriers, il est recommandé de ne pas céder à la panique et de vérifier l’authenticité des demandes avant de réagir.

Les autorités rappellent aussi l’importance de signaler ces fraudes, afin de protéger non seulement les victimes potentielles, mais aussi de contribuer à l’effort collectif pour mettre fin à ces pratiques malveillantes.