Des substances toxiques détectées dans tous les écouteurs analysés, alerte d’une étude

Chaque jour, des millions de personnes portent des écouteurs, souvent sans se douter des risques potentiels associés à ces accessoires. Une étude récente a révélé que tous les modèles testés contenaient des substances chimiques préoccupantes, soulevant des questions sur la sécurité des produits audio que nous utilisons au quotidien.

EN BREF

  • Une étude a révélé la présence de substances toxiques dans 100 % des écouteurs analysés.
  • Le bisphénol A, perturbateur endocrinien, a été détecté dans 177 des 180 échantillons.
  • Les chercheurs appellent à une réglementation stricte sur les produits chimiques dans l’électronique.

Intitulée The Sound of Contamination, cette étude a été publiée en février 2026 par le programme européen ToxFree Life for All. Elle vise à sensibiliser le public aux produits chimiques dangereux présents dans les articles de consommation courante. Pour cette recherche, 81 modèles d’écouteurs ont été analysés, incluant des références intra-auriculaires et supra-auriculaires, filaires et sans fil, destinés tant aux adultes qu’aux enfants et aux gamers. Ces produits ont été achetés dans cinq pays d’Europe centrale ainsi que sur des plateformes en ligne telles que Temu et Shein.

Les chercheurs ont désassemblé chaque écouteur et ont effectué des analyses sur cinq familles de substances : les bisphénols, les phtalates, les paraffines chlorées, les retardateurs de flamme bromés et les organophosphorés.

Les résultats sont alarmants : des substances dangereuses ont été détectées dans 100 % des produits. Au total, 44 % des échantillons ont été classés en rouge (dangereux), 14 % en orange, et 42 % en vert. Fait intéressant, les produits sans marque ont affiché de meilleurs résultats, avec 67 % classés en vert, contre seulement 36 % pour les grandes marques.

Les parties souples, telles que les mousses et les embouts en silicone, montrent des résultats plus favorables, la majorité étant classée en vert. En revanche, les plastiques rigides contiennent les substances les plus problématiques, notamment les retardateurs de flamme et les bisphénols, avec environ un tiers des composants classés en rouge.

Le bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien classé comme substance extrêmement préoccupante, a été retrouvé dans 177 des 180 échantillons, avec des concentrations atteignant 351 mg/kg, dépassant ainsi la limite de 10 mg/kg proposée par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Son substitut, le bisphénol S (BPS), était présent dans 137 échantillons. Ces substances peuvent migrer depuis les résines époxy internes, un phénomène aggravé par la chaleur et la sueur lors d’une utilisation prolongée.

De plus, les phtalates ont été détectés dans 60 % des échantillons souples. Un produit en particulier, acheté sur Temu, a suscité l’attention des chercheurs en raison de sa composition chimique problématique.

Dans un communiqué, les auteurs de l’étude ont déclaré : “Les marques haut de gamme n’offrent aucune garantie de sécurité. Les substances toxiques, y compris les retardateurs de flamme non réglementés, sont omniprésentes sur l’ensemble du marché, prouvant que le prix n’est pas un indicateur de la sécurité chimique.”

Les chercheurs appellent à une interdiction des bisphénols et des retardateurs de flamme, à la transparence sur la composition chimique des produits et à l’intégration de l’effet cocktail dans les évaluations réglementaires. Comme l’affirme ToxFree Life for All, “le consommateur individuel dispose d’un pouvoir limité pour choisir un produit sûr. La protection des consommateurs est un problème systémique qui ne peut être résolu par des choix individuels, il doit être traité au niveau institutionnel.”