Des symptômes du Covid long pourraient révéler des mécanismes d’Alzheimer

Deux ans après une infection par le SARS-CoV-2, de nombreux patients continuent de souffrir de divers symptômes, tels que des troubles cognitifs, une fatigue persistante et des difficultés de mémoire. Le phénomène du “Covid long”, qui touche des millions de personnes à travers le monde, suscite des inquiétudes croissantes au sein de la communauté scientifique. Une étude récente parue dans la revue Alzheimer’s & Dementia met en lumière un lien potentiel entre les modifications observées chez les patients Covid long et des mécanismes biologiques associés à la maladie d’Alzheimer.

EN BREF

  • Des patients Covid long présentent des symptômes similaires à ceux de l’Alzheimer.
  • Une étude révèle des modifications cérébrales pouvant indiquer une inflammation persistante.
  • Les chercheurs soulignent que cela ne signifie pas que le Covid long provoque Alzheimer.

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, des études ont démontré que le virus pouvait avoir des effets néfastes sur le cerveau. Des symptômes tels que des troubles de la mémoire, des difficultés de concentration et un “brouillard cérébral” persistent chez certains patients, parfois plusieurs mois après leur infection. Toutefois, les mécanismes exacts à l’origine de ces symptômes demeuraient flous.

Dans cette nouvelle recherche, 86 patients atteints de Covid long ont été analysés, en parallèle de 67 individus guéris du Covid et de 26 témoins n’ayant jamais été infectés. Les chercheurs ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour évaluer le volume et la perfusion sanguine du plexus choroïde, une structure cérébrale importante pour la production du liquide céphalo-rachidien et la régulation immunitaire.

Les résultats ont révélé des différences significatives dans le cerveau des participants souffrant de Covid long. En particulier, le plexus choroïde des patients Covid long était plus volumineux que chez ceux en bonne santé. Cela pourrait indiquer une inflammation persistante, un facteur souvent observé dans les maladies neurodégénératives.

En outre, une circulation sanguine réduite a été constatée dans cette région du cerveau chez les patients Covid long. Une circulation sanguine diminuée peut entraîner un apport insuffisant en oxygène et en nutriments pour les cellules cérébrales, ce qui pourrait expliquer certains des symptômes observés.

Les chercheurs ont également établi un lien entre la taille du plexus choroïde et un marqueur sanguin appelé p-tau217, associé à la maladie d’Alzheimer. Plus le plexus choroïde était volumineux, plus le niveau de p-tau217 dans le sang était élevé, et vice versa. Ces résultats suggèrent que les modifications observées à l’IRM pourraient refléter des processus biologiques que l’on retrouve habituellement chez les patients atteints de maladies neurodégénératives.

Pour mieux illustrer ces découvertes, imaginons un patient de 62 ans ayant contracté le Covid deux ans plus tôt. Ce dernier se plaint toujours de difficultés de concentration et de pertes de mémoire légères. Son IRM cérébrale révèle une augmentation du volume du plexus choroïde et une diminution de la perfusion sanguine dans cette zone. Bien que cela n’implique pas nécessairement que ce patient développera une démence, les anomalies observées pourraient indiquer l’activation de mécanismes biologiques associés à la maladie d’Alzheimer.

Quelles implications pour la santé cognitive ?

Il est essentiel de noter que cette étude ne prouve pas que le Covid long provoque la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs soulignent simplement que certains mécanismes biologiques liés à l’Alzheimer pourraient être activés chez des patients souffrant de Covid long. Cela ouvre la voie à de nouvelles investigations sur la gestion des symptômes cognitifs chez ces patients.

Une question fréquemment posée est : faut-il envisager une IRM en cas de Covid long ? La réponse n’est pas systématique. Une IRM peut être recommandée en cas de troubles cognitifs persistants ou atypiques, mais la prise en charge doit rester individualisée, en fonction des symptômes présentés.

Cette étude met en lumière l’importance de la recherche sur les effets à long terme du Covid-19. Alors que la pandémie continue d’évoluer, il devient crucial de mieux comprendre ces symptômes persistants pour offrir des solutions adaptées aux patients. La communauté scientifique doit poursuivre ses efforts pour explorer le lien entre le Covid long et les maladies neurodégénératives.