Dans le cadre de l’affaire Jubillar, un nouvel élément matériel intrigue les enquêteurs. Une paire de lunettes, appartenant à Delphine Aussaguel, a été retrouvée dans la maison du couple, et son état soulève des doutes quant à la version avancée par Cédric Jubillar.
EN BREF
- Une paire de lunettes endommagée de Delphine a été retrouvée, soulignant des incohérences.
- Le témoignage de leur fils et des voisins met en lumière des disputes violentes.
- Des données téléphoniques et des incohérences dans le récit de Cédric Jubillar alimentent l’enquête.
Les lunettes, dont une branche était cassée et un verre déformé, suscitent des interrogations parmi les experts. Ces dégradations pourraient indiquer un choc violent, possiblement causé par un objet pesant deux kilos lancé à une vitesse de 32 km/h. Ce constat est d’autant plus troublant que plusieurs proches de Delphine affirment que ses lunettes étaient intactes avant sa disparition. Dans ses déclarations du 15 juillet, Cédric Jubillar n’a jamais mentionné d’incident impliquant des coups portés à son épouse.
Selon Cédric Jubillar, l’altercation a dégénéré en strangulation. « Je voulais qu’elle se taise, je l’ai attrapée par le cou, je l’ai serrée. Quand je faisais ça, je ne voulais pas croiser son regard », a-t-il expliqué. Cette déclaration soulève une question essentielle : Delphine a-t-elle été frappée avant d’être étranglée ?
Le récit de leur fils, Louis, âgé de six ans au moment des faits, renforce cette hypothèse. Il a rapporté avoir entendu des « gros mots » et a décrit une altercation physique entre ses parents. « Ils se poussaient avec les deux bras », a-t-il confié aux enquêteurs. Ce témoignage semble corroborer les déclarations de Cédric, qui a admis avoir perdu son sang-froid après avoir découvert l’infidélité de son épouse. Cependant, plusieurs éléments demeurent en contradiction avec sa version.
Une voisine et sa fille ont entendu des « cris de peur » et des aboiements durant environ cinq à dix minutes, alors que Cédric situe la dispute à 1 heure ou 1h30. Ce décalage temporel soulève des interrogations quant à la véracité de son récit.
Les données téléphoniques de Cédric Jubillar constituent également un point crucial dans l’enquête. La nuit de la disparition, il a éteint son téléphone de 22h08 à 3h53, un comportement jugé suspect par l’accusation. À 4h09, après avoir appelé les gendarmes, il a tenté de contacter Delphine à 184 reprises. Ce comportement est perçu comme une tentative d’effacer des preuves, notamment en vidant la batterie de son téléphone. Cédric a affirmé avoir jeté le téléphone de Delphine avec ses affaires dans une poubelle, mais les relevés montrent que ce téléphone a été manipulé à 6h52, alors qu’il était déjà chez lui avec les gendarmes.
Un autre élément de l’affaire concerne la couette retrouvée sur le canapé. Cédric a expliqué l’avoir lavée parce qu’une de ses chiennes aurait uriné dessus, mais des analyses n’ont révélé ni sang ni trace d’urine. Ce détail ajoute une couche supplémentaire de mystère à une affaire déjà complexe.
En somme, les éléments matériels et les témoignages recueillis alimentent de nombreuses interrogations sur les circonstances entourant la disparition de Delphine Aussaguel. L’enquête se poursuit, et chaque nouveau détail pourrait potentiellement faire évoluer la compréhension des événements survenus cette nuit-là.