Disparition de Léo Soulas : plainte des parents contre deux marins pour non-assistance

Un an après la tragique disparition de Léo Soulas, un jeune marin de 25 ans tombé à la mer au large de Toulon, ses parents ont décidé de passer à l’action. Ils ont déposé une plainte pour « non-assistance à personne en danger » contre deux de ses collègues, accusés d’avoir attendu 90 minutes avant de donner l’alerte. Ce silence prolongé, selon eux, a réduit les chances de sauvetage de leur fils.

EN BREF

  • Léo Soulas, marin de 25 ans, a disparu en mer le 24 avril 2023.
  • Ses parents accusent deux marins d’avoir attendu 1 h 30 avant d’alerter les autorités.
  • La plainte vise à obtenir justice pour leur fils et à remettre en question la loyauté en milieu militaire.

Léo Soulas avait intégré la Marine nationale en 2017, débutant comme matelot et gravissant les échelons jusqu’à devenir second maître. À l’époque de l’incident, il était détaché sur la frégate de défense aérienne Forbin, escortant le porte-avions Charles-de-Gaulle lors de son retour de mission.

Dans la nuit du 23 au 24 avril 2023, le jeune marin est tombé à la mer. Les circonstances entourant cette chute demeurent floues, mais c’est le temps écoulé avant que l’alerte ne soit donnée qui alimente la colère de sa famille. Entre la chute et l’alerte, 90 minutes se sont écoulées, un délai qui, selon ses parents, a condamné toute chance de survie pour Léo.

Les accusations portent sur une inertie que la famille qualifie de délibérée. « Compte tenu des éléments découverts dans le cadre de l’enquête, nous avons décidé de porter plainte contre ces deux marins, qui n’ont pas permis à notre fils la moindre chance de survie », ont déclaré ses parents. Ils ajoutent que ces marins auraient « délibérément refusé de prévenir le commandement » durant cette période cruciale.

La température de l’eau en Méditerranée, fin avril, avoisine 15 °C, et à cette température, l’hypothermie peut s’installer en moins d’une heure. Les capacités motrices d’un homme tombé à la mer diminuent rapidement, et l’attente de 90 minutes avant le déclenchement de la procédure réglementaire est perçue comme une tragédie évitée.

Me Lisa Borne, l’avocate de la famille, souligne que la procédure d’homme à la mer a été initiée trop tardivement en raison de l’inaction des deux marins. La notion de loyauté entre frères d’armes est mise en cause, et les parents de Léo insistent sur le fait que ce silence n’est pas une simple erreur, mais un choix conscient.

Une fois l’alerte donnée, la réaction de la commandante du Forbin a été rapide et efficace. Les moyens déployés par la Marine nationale pour le retrouver ont été considérables. Cependant, le temps perdu ne peut être récupéré. Les recherches se sont poursuivies pendant plus de 24 heures, mais le ministre des Armées a finalement annoncé l’arrêt des opérations, déclarant que « l’espoir de secourir le second maître Léo Soulas est désormais nul ». Le corps du jeune marin n’a jamais été retrouvé.

Cette affaire soulève des questions sur la responsabilité des membres d’équipage en situation de crise, particulièrement dans un cadre militaire. Les parents de Léo se battent pour que justice soit rendue et pour que la mémoire de leur fils ne soit pas oubliée.

Ils reconnaissent que la Marine nationale a agi efficacement une fois l’alerte donnée, mais insistent sur le fait que deux personnes ont eu connaissance de la situation et ont choisi de ne pas agir. « Nous voulons poursuivre notre chemin de croix pour que justice soit rendue à notre fils », déclarent-ils, conscients que le processus judiciaire sera long et complexe.

Les autorités militaires n’ont pas encore réagi publiquement à cette plainte. L’enquête devra déterminer les raisons de ce silence de la part des deux marins, qu’il s’agisse de panique, de confusion ou de peur des conséquences. Pour la famille Soulas, ces 90 minutes d’inaction ont transformé un tragique accident en une véritable tragédie, et ils sont déterminés à prouver que leur fils méritait mieux que le silence de ceux qui naviguaient à ses côtés.