Dans une interview accordée au Parisien le 17 avril, le rappeur Doc Gynéco, de son vrai nom Bruno Beausir, a évoqué son retour sur scène et son parcours musical. À l’occasion des 30 ans de son premier album, Première consultation, sorti le 15 avril 1996, il partagera ses anciens succès lors d’un concert prévu le 10 novembre à l’Adidas Arena de Paris.
EN BREF
- Doc Gynéco célèbre les 30 ans de son album Première consultation.
- Il aborde son rapport complexe à la célébrité et le succès inattendu.
- Un concert est prévu à Paris le 10 novembre pour ses fans.
Bruno Beausir a connu une ascension fulgurante dans le milieu musical, mais il n’a pas anticipé la vague de notoriété qui l’a submergé. Dans ses déclarations, il confie avoir eu du mal à gérer cette célébrité, expliquant : « J’ai pas su gérer. Et mon entourage encore moins. Ça a été très compliqué de ne pas chercher la métaphysique dans tout ça, de ne pas se dire que tout était un piège. » Cette prise de conscience tardive l’a amené à vivre dans le déni, se demandant : « Tout ça doit être faux. »
En effet, Doc Gynéco avoue avoir l’impression que le public le connaissait mieux que lui-même. Il a partagé une réflexion qui résume bien son expérience : « On est arrivé à un stade où les gens me connaissaient mieux que moi-même. » Cette dichotomie entre l’artiste et l’homme est une thématique récurrente dans son discours. « Qui est Bruno, qui est Doc Gynéco ? Parfois, j’oublie. Je marche dans la rue, je crois que je suis Bruno. Finalement, on me dit : ‘Mais non, fais gaffe, t’es Doc Gynéco quand même.’ »
À 51 ans, le rappeur demeure en proie à des sentiments ambivalents face à sa célébrité. Il souligne que son succès est arrivé si tôt qu’il n’a jamais véritablement eu l’occasion de l’accepter pleinement. « Je n’avais pas l’expérience pour affronter ça. Et aujourd’hui, je ne l’ai toujours pas », déclare-t-il. Loin des paillettes, il se concentre sur l’authenticité de son art.
Concernant son premier album, il le voit avec du recul comme un projet qui ne lui appartient plus vraiment : « Il appartient à tout le monde. » Les titres emblématiques tels que Viens voir le docteur, Dans ma rue ou Passement de jambes continuent de résonner dans la mémoire collective, mais pour lui, ils sont devenus des œuvres partagées, symbolisant à la fois son succès et son éloignement de cette image publique.
À l’approche de son concert, Doc Gynéco semble prêt à renouer avec son public. En évoquant son passé, il rappelle que la notoriété est un double tranchant, un chemin semé d’embûches, mais également une occasion de célébrer l’universalité de sa musique. Ce retour sur scène pourrait être l’occasion pour lui de se reconnecter avec cette partie de lui qui, malgré les difficultés, continue de vibrer au rythme de ses créations.