Le 3 juillet 2024, la cour d’appel de Versailles a rendu un verdict surprenant en relaxant Dominique Boutonnat, l’ancien président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), d’une accusation d’agression sexuelle. Cette décision fait suite à sa condamnation en première instance, où il avait été reconnu coupable d’avoir agressé sexuellement son filleul.
EN BREF
- Dominique Boutonnat a été relaxé par la cour d’appel de Versailles.
- Il avait été condamné en juin 2024 pour avoir agressé sexuellement son filleul.
- Le procès a suscité des débats sur les violences sexuelles dans le milieu du cinéma.
Aujourd’hui âgé de 56 ans, Dominique Boutonnat était une figure influente du cinéma français. À la tête du CNC, il avait la responsabilité de la gestion des violences sexuelles au sein de l’industrie cinématographique. En première instance, le tribunal de Nanterre avait jugé que la version de son filleul était plus crédible. Ce dernier l’accusait d’avoir tenté de le masturber lors de vacances en Grèce, un incident qui aurait eu lieu en août 2020.
Lors de son procès, Boutonnat a maintenu son innocence, reconnaissant avoir pris des photographies de son filleul nu, mais affirmant que son intention était de capturer le paysage. Concernant les baisers échangés, il a soutenu qu’ils étaient consensuels, selon ses déclarations. Le tribunal, cependant, avait estimé que les explications de l’ancien président du CNC manquaient de clarté et laissaient entendre qu’il avait un intérêt à dissimuler la vérité.
Cette affaire a pris une nouvelle dimension en février 2024, lorsque la comédienne Judith Godrèche a évoqué la question des violences sexuelles au Sénat. Sa demande de retrait de Dominique Boutonnat de son poste au CNC a résonné dans un contexte où le mouvement #MeToo continue de faire entendre sa voix dans l’industrie. Godrèche a également porté plainte pour des faits similaires contre d’autres cinéastes, soulignant l’importance de lutter contre ces violences.
Malgré sa condamnation initiale, Boutonnat avait été reconduit à son poste en juillet 2022, une décision qui avait suscité de vives critiques au sein de la profession. À cette époque, Rima Abdul Malek, alors ministre de la Culture, avait mis en avant la présomption d’innocence pour justifier cette reconduction, malgré les appels au retrait venant de nombreux acteurs du secteur. Le collectif 50/50 avait même qualifié cette reconduction de « impossible ».
Dominique Boutonnat, dont le nom est aussi associé à la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron en 2017, fait face à des accusations qui vont bien au-delà de sa carrière au CNC. Son implication financière dans le mouvement En Marche a également été mise en lumière, ajoutant une couche de complexité à son image publique. Alors que l’affaire n’est pas encore totalement close, elle soulève des interrogations sur les dynamiques de pouvoir dans le milieu du cinéma et sur la manière dont les accusations de violences sexuelles sont traitées.
Pour l’heure, l’avenir de Dominique Boutonnat reste incertain, alors qu’il continue de contester les accusations portées contre lui. Les débats autour des violences sexuelles dans l’industrie cinématographique française sont loin d’être terminés, et les acteurs du secteur doivent faire face à des questions épineuses sur la sécurité et le respect au travail.