Dimanche 12 avril, le climat est particulièrement tendu entre Donald Trump et le pape Léon XIV. Cette friction a été exacerbée par une prise de parole du souverain pontife au sujet des conflits mondiaux, prononcée lors de sa prière au Vatican le 11 avril. Dans un discours fort, le pape a appelé à un changement de cap : « Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre ! La véritable force se manifeste dans le service de la vie », a-t-il déclaré, en exhortant les dirigeants à privilégier le dialogue et la médiation.
EN BREF
- Donald Trump a critiqué le pape Léon XIV après ses discours sur la guerre.
- Le pape a appelé à une priorité au dialogue et à la paix entre les nations.
- Trump accuse le pape d’être faible face à la criminalité et critique sa politique étrangère.
Bien que le pape n’ait pas mentionné de noms, ses propos semblent viser les politiques interventionnistes de Donald Trump, notamment en ce qui concerne des actions militaires comme la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro pour narcotrafic en janvier dernier, ainsi que les bombardements en Iran menés en coordination avec Israël depuis fin février.
Cette intervention du pape n’a pas manqué de provoquer une réaction immédiate de Donald Trump. Lors d’une conférence de presse tenue à la base militaire d’Andrews, dans le Maryland, il a exprimé son mécontentement : « Je ne suis pas un grand fan du pape Léon », a-t-il déclaré. Le président a ensuite qualifié le pape de « très libéral », affirmant qu’il ne croyait pas à la lutte contre la criminalité. Trump a également accusé Léon XIV de « faire joujou avec un pays qui souhaite se doter de l’arme nucléaire », en référence à l’Iran, dont les négociations de paix ont échoué plus tôt dans la journée.
Dans la soirée du même jour, Trump a approfondi sa critique à travers une diatribe publiée sur son réseau social Truth Social. Il a qualifié le pape de « faible face à la criminalité » et de « catastrophique en matière de politique étrangère ». Se positionnant comme un défenseur des intérêts américains, il a déclaré : « Je ne veux pas d’un pape qui trouve normal que l’Iran dispose de l’arme nucléaire. Je ne veux pas d’un pape qui trouve terrible que l’Amérique ait attaqué le Venezuela. »
De plus, Trump a tenu à rappeler que l’élection de Léon XIV à la tête de l’Église catholique était en quelque sorte liée à sa propre élection à la Maison-Blanche. « Il ne figurait sur aucune liste pour devenir pape et n’a été placé là par l’Église que parce qu’il était Américain, et parce que les cardinaux pensaient que ce serait la meilleure façon de traiter avec moi », a-t-il précisé. En conclusion de son propos, il a insisté sur le fait qu’il ne souhaite pas qu’un pape critique le président des États-Unis, ajoutant qu’il agit conformément à ce pour quoi il a été élu, « À UNE MAJORITÉ ÉCRASANTE ».
Ce nouvel affrontement entre le président américain et le pape soulève des questions sur les relations entre la religion et la politique, et met en lumière les divergences profondes qui existent entre les deux figures publiques sur des questions éthiques et géopolitiques majeures. Les prochains jours pourraient voir d’autres développements dans cette confrontation inattendue.