Double féminicide dans la Vienne : l’une des victimes avait alerté la gendarmerie

Un double féminicide tragique a secoué la commune de Montmorillon dans la Vienne ce dimanche. Deux sœurs, âgées de 68 et 65 ans, ont été abattues par un ancien compagnon de l’une d’elles, qui a succombé à ses blessures peu après les faits. Cet événement soulève des questions sur la violence conjugale et l’efficacité des mesures de protection.

EN BREF

  • Double féminicide à Montmorillon, deux sœurs abattues par un ancien compagnon jaloux.
  • L’une des victimes avait déposé une main courante en février contre son ex-compagnon.
  • Cent-sept féminicides recensés en 2024, une hausse par rapport à 2023.

Les faits se sont déroulés dans l’après-midi du dimanche 13 avril. Selon les informations fournies par le parquet de Poitiers, l’auteur des tirs, un homme né en 1960, avait entretenu une relation amoureuse avec la cadette des victimes jusqu’en décembre 2023. Bien que leur relation se soit officiellement terminée, des contacts amicaux avaient repris entre eux à partir d’octobre 2025.

Ce retour de contact a suscité des tensions, d’autant plus que la sexagénaire avait commencé une nouvelle relation. Face à l’insistance de son ancien compagnon pour maintenir un lien, elle avait décidé de déposer une main courante à la gendarmerie le 25 février dernier. Cette démarche visait à signaler son inconfort et à demander des mesures de protection. Les gendarmes avaient alors rencontré l’homme pour lui ordonner de ne plus tenter de la contacter.

Malgré ces avertissements, l’homme s’est présenté chez les sœurs armé d’un fusil, où il a ouvert le feu, causant la mort des deux femmes. Après avoir commis l’irréparable, il a regagné son domicile, où il a été retrouvé grièvement blessé par les gendarmes, qui l’ont interpellé sans résistance. Il a été transporté à l’hôpital de Poitiers, où il est décédé dans la soirée.

La procureure Rachel Bray a indiqué que le tireur ne présentait aucun antécédent judiciaire et n’était pas répertorié comme détenteur d’arme. De plus, les protagonistes de cette tragédie étaient inconnus des services de justice et n’étaient pas suivis par le pôle violences intra-familiales du parquet de Poitiers.

Ce drame soulève des interrogations sur les mesures de protection des victimes de violences conjugales. Les récents chiffres publiés par la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof) révèlent une augmentation préoccupante des féminicides, avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023.

Ce double féminicide met en lumière les défis auxquels sont confrontées les victimes de violences conjugales et l’importance d’une réponse efficace des autorités face à ces situations. La société doit se mobiliser pour mieux protéger les femmes et prévenir ces actes tragiques.