Douleurs chroniques : l’insatisfaction des patients face à leur prise en charge

En France, près de 23 millions d’adultes, soit **42%** de la population, souffrent de douleurs chroniques. Parmi eux, la moitié décrit une douleur jugée **sévère**. Dans un contexte où les traitements ne semblent pas efficaces, le Pr Nicolas Authier, président de la fondation de recherche Analgésia, alerte sur la nécessité de repenser la prise en charge de ces douleurs, révélée par le Baromètre 2025 de l’Observatoire français de la douleur et des antalgiques (OFDA).

EN BREF

  • 42% des adultes en France souffrent de douleurs chroniques, souvent sévères.
  • Deux tiers des patients se déclarent insatisfaits de leur traitement actuel.
  • Appel à renforcer les structures de soins spécialisées pour une meilleure prise en charge.

Les causes de la douleur chronique

Le Pr Authier souligne que plusieurs facteurs contribuent à l’augmentation des douleurs chroniques. Parmi eux, la **sédentarité** croissante, l’augmentation des troubles mentaux, et possiblement des séquelles liées au Covid long. Les douleurs lombaires, en particulier, se révèlent très fréquentes. Les femmes, avec un taux de 57% contre 43% pour les hommes, sont particulièrement touchées. Ce phénomène peut être lié à des douleurs spécifiques telles que celles provoquées par l’**endométriose** ou des douleurs nociplastiques comme la fibromyalgie.

Une prise en charge insuffisante

Malgré l’usage d’antalgiques, dont les opioïdes, moins d’un patient sur trois se dit **soulager** par ces traitements. En effet, le Pr Authier déclare que **deux tiers** des patients ressentent une insatisfaction face à leur prise en charge. Beaucoup recourent à l’automédication, utilisant des médicaments sans prescription, et certains se tournent vers des solutions non scientifiques, comme des remèdes naturels ou des pratiques ésotériques.

Améliorer l’accès aux soins

Pour améliorer la situation des patients souffrant de douleurs intenses, il est crucial d’accélérer l’accès aux **Structures douleur chronique** (SDC). Actuellement, il existe 274 SDC en France, mais les délais d’attente sont longs. Le Pr Authier propose que les soignants de premier recours se forment davantage à la douleur. Mieux formés, les généralistes et autres professionnels de santé pourraient offrir un soutien préventif et réduire ainsi la nécessité de recourir aux structures spécialisées.

Les thérapies digitales, qui se développent rapidement, pourraient également jouer un rôle significatif dans l’accompagnement des patients. Ces dispositifs, intégrés dans des applications, offrent des techniques de gestion de la douleur et d’apprentissage d’approches psycho-corporelles, telles que l’**autohypnose** et la **sophrologie**. Ces outils permettaient aux patients de devenir acteurs de leur propre prise en charge, en leur fournissant des ressources pour gérer leur douleur au quotidien.

En somme, la douleur chronique représente un défi de santé publique majeur. Il est urgent que les acteurs du secteur de la santé prennent des mesures concrètes pour améliorer la prise en charge des millions de personnes impactées. L’évolution des pratiques et l’adoption de nouvelles approches thérapeutiques sont essentielles pour apporter un soutien efficace et adapté aux besoins des patients.