Chaque printemps, les cerisiers se couvrent de fleurs blanches, promettant des récoltes abondantes. Toutefois, un petit insecte de seulement 3 millimètres, la drosophile du cerisier, menace cette belle promesse. Cette mouche asiatique, identifiée sous le nom de Drosophila suzukii, est devenue un véritable fléau pour les producteurs de cerises en France depuis son arrivée vers 2010.
EN BREF
- La drosophile du cerisier menace la récolte de cerises en France.
- Des pièges préventifs doivent être installés dès la fin mars.
- Des méthodes alternatives de lutte sont en cours de développement.
La drosophile du cerisier est capable de percer la peau des fruits encore fermes pour y déposer ses œufs, entraînant leur pourrissement avant même la récolte. Selon Christian Lannou, épidémiologiste à l’INRAE, cette situation a conduit certains petits producteurs à abandonner leur activité. D’autres, en revanche, se sont spécialisés et ont recours à des techniques de plus en plus sophistiquées pour contrer cette menace.
Adulte, la Drosophila suzukii présente un corps jaune brun et de gros yeux rouges. Les mâles se distinguent par une tache sombre sur chaque aile. Ce qui la différencie des autres mouches des fruits, c’est son ovipositeur en forme de scie, qui lui permet de pondre ses œufs dans les fruits non mûrs, rendant ces derniers invendables.
Pour protéger la filière cerise, les traitements chimiques disponibles sont souvent soumis à des dérogations, ce qui soulève des inquiétudes quant à leur pérennité. Christian Lannou souligne l’importance de sécuriser cette filière sur le plan réglementaire et d’accélérer le développement de méthodes alternatives.
Mesures préventives à adopter
Les adultes de la drosophile du cerisier hibernent dans la végétation et reprennent leur activité au printemps. Ils se nourrissent de nectar et de miellat, s’accouplent et commencent à chercher des fruits en formation. Les experts recommandent d’installer des pièges environ quarante-cinq jours avant la récolte, c’est-à-dire dès la fin mars pour les jardins familiaux.
Une méthode simple consiste à utiliser un piège au vinaigre de cidre. Pour cela, il suffit de remplir une bouteille ou un bocal de vinaigre de cidre, d’ajouter un peu d’eau et quelques gouttes de liquide vaisselle. En perçant plusieurs petits trous près du haut du contenant, vous pouvez le suspendre à mi-hauteur dans les branches, attirant ainsi les mouches. Les abeilles, quant à elles, sont peu affectées par cette méthode.
Il est conseillé de renouveler régulièrement le mélange et de retirer les cerises tombées au sol pour éviter d’attirer encore plus d’insectes. D’autres techniques incluent l’utilisation de filets anti-insectes autour des arbres ou la libération de micro-guêpes parasitoïdes. Parallèlement, des chercheurs de l’INRAE travaillent sur des projets innovants, comme le projet OPTIMISTII, qui explore la stérilisation des insectes mâles pour réduire la reproduction de la drosophile.
En résumé, la lutte contre la drosophile du cerisier nécessite une vigilance accrue et une mise en œuvre de mesures préventives dès la fin mars. Les producteurs doivent être proactifs pour préserver la qualité de leurs récoltes et assurer la pérennité de la filière cerise.