Duralex en péril : les salariés désabusés face à la reprise incertaine

La situation de la verrerie Duralex, emblématique de l’industrie française, est plus que préoccupante. Alors que les candidats à la reprise de l’entreprise avaient jusqu’à aujourd’hui pour faire connaître leur intérêt, les salariés, quant à eux, se retrouvent dans une position délicate. Après une reprise par leurs propres soins sous la forme d’une Scop en 2024, l’entreprise a été placée en redressement judiciaire, laissant planer l’incertitude sur son avenir.

EN BREF

  • Duralex est en redressement judiciaire après une reprise par ses salariés.
  • Une levée de fonds citoyenne de 7 millions d’euros n’a pas suffi à assurer la pérennité.
  • Les salariés craignent des licenciements massifs avec la candidature du groupe Carlesimo.

En 2025, une levée de fonds citoyenne, qui avait mobilisé 21.000 participants, a permis de rassembler 7 millions d’euros. Toutefois, cette somme semble insuffisante pour garantir la viabilité de l’entreprise. Les employés, qui avaient placé leur espoir dans cette initiative, commencent à ressentir un profond désespoir face à la réalité économique difficile.

Le seul repreneur déjà identifié, le groupe Carlesimo, ne rassure guère les salariés. En effet, ce dernier avait tenté de reprendre Duralex il y a deux ans, avec un plan qui prévoyait plus de 150 suppressions d’emplois. François Dufranne, délégué syndical CGT à Duralex, exprime son inquiétude : « Une chose est sûre, c’est qu’il va y avoir de la casse salariale. » Son constat est amer et souligne l’angoisse croissante des salariés face à un processus de reprise qui semble se solder par des pertes d’emplois.

François Dufranne ne cache pas son désespoir : « Quand ça fait 35 ans que vous y êtes et que c’est la 5e reprise, on commence à être blasé. On a l’impression qu’on nous roule dans la farine. » Les employés sont de plus en plus sceptiques quant à la capacité de l’entreprise à se redresser, surtout face à des chiffres qui ne sont guère encourageants.

Une production en crise

Actuellement, seule une des cinq lignes de production de la verrerie est opérationnelle, un constat qui accentue l’inquiétude des salariés. « J’ai connu l’époque où l’on se battait contre les arrêts de ligne pour produire un maximum, là on fait le contraire », rappelle Dufranne. Les difficultés rencontrées par Duralex sont exacerbées par une accumulation de stocks, résultant d’une production excessive à un coût trop élevé, tandis que les ventes stagnent.

Les employés doivent également faire face à la hausse des prix de l’énergie et des matières premières, des facteurs qui compliquent davantage la situation financière de l’entreprise. La direction avait précédemment alerté sur ces enjeux, indiquant qu’elle produisait trop et pour trop cher, ce qui entraîne une détérioration continue de la situation.

Un avenir incertain

Alors que l’échéance pour les offres de reprise approche, les salariés de Duralex se trouvent à un carrefour crucial. Les promesses faites lors de la levée de fonds citoyenne semblent désormais éloignées de la réalité. La peur de licenciements massifs et d’une restructuration brutale plane au-dessus des têtes, alimentant une atmosphère de frustration et d’incertitude.

Les salariés espèrent toujours un retournement de situation, mais les signes d’un avenir radieux se font de plus en plus rares. Le climat de méfiance s’intensifie, et la question demeure : Duralex, symbole de la tradition artisanale française, saura-t-elle retrouver son éclat ou s’engouffrera-t-elle dans un déclin inéluctable ? Seul le temps nous le dira.