Les deux mandats d’Emmanuel Macron ont été marqués par un climat de violence et d’insatisfaction croissante. Alors que le président se prépare à quitter l’Élysée, le constat est amer : la situation politique du pays est bloquée, avec des finances publiques en détresse et une recrudescence des manifestations violentes.
EN BREF
- Emmanuel Macron fait face à un pays politiquement bloqué depuis 2024.
- La violence des manifestations s’intensifie, touchant les symboles de l’autorité.
- Édouard Philippe souligne le besoin d’une gouvernance forte en critiquant Macron.
Depuis la victoire d’Emmanuel Macron en avril 2022, l’ombre de la malédiction du second mandat plane sur son administration. Les exemples historiques de présidents précédents, dont la gestion a été compromise, semblent se reproduire. Aujourd’hui, alors que le chef de l’État s’apprête à quitter son poste, la France est en proie à une crise politique sans précédent. La dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 a exacerbé une situation déjà tendue.
Les manifestations des 17 et 18 octobre ont fait écho à des événements passés, tels que les émeutes liées à la victoire du PSG en 2025 et les tensions provoquées par l’affaire Nahel en 2023. Cette fois, cependant, la violence a atteint un nouveau seuil, révélant un pays fracturé. Selon Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, une majorité de Français semble perplexe face à l’absence de mouvements sociaux pacifiques, tandis que la violence urbaine s’intensifie. « Les années Macron sont aussi celles où des individus s’en prennent à des figures d’autorité », souligne-t-il.
Les attaques contre des symboles de l’État, comme la préfecture du Puy-en-Velay incendiée en 2018 ou l’hôtel de ville de Limoges défiguré récemment, témoignent d’une société en proie à la colère. Cette détérioration de l’ordre public est exacerbée par des enjeux économiques, notamment une dette qui pèse sur le pouvoir d’achat des citoyens. Les Français partagent un sentiment d’inquiétude face à la situation économique, renforçant l’idée d’une France en déclin.
Cette dégradation du climat social ne se limite pas à la France. Un ancien conseiller de Macron évoque une situation difficile à l’échelle européenne. Il cite des exemples comme Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien, qui a récemment condamné les violences lors de manifestations à Milan. Bien que les ingérences étrangères soient souvent mentionnées pour expliquer la montée de la violence urbaine, elles ne peuvent pas être considérées comme la seule cause de cette détérioration.
Dimanche dernier, Emmanuel Macron a prononcé une allocution suivie par plus de 16 millions de téléspectateurs, reflétant l’attente des Français. Cependant, son discours n’a abouti à aucune décision significative, laissant de nombreux observateurs déçus. Même au sein de l’exécutif, le soutien à Macron est teinté d’incertitude. Édouard Philippe a exprimé une critique sévère sur les réseaux sociaux, affirmant que « notre pays a besoin d’être commandé », illustrant ainsi un changement dans l’autorité politique.
Ce transfert de l’autorité vers des figures comme Marine Le Pen souligne une réalité difficile à accepter pour Emmanuel Macron : le sentiment d’échec. Dans un entretien accordé en 2017, il avait décrit une France au bord du gouffre, promettant de réformer le pays et de restaurer les liens sociaux. Pourtant, à l’heure actuelle, son diagnostic semble avoir été juste, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. La clé de voûte de son mandat, comme il l’avait dit, semble mal positionnée, menaçant de faire s’effondrer tout l’édifice.
Alors que le président se prépare à quitter ses fonctions, le pays demeure dans une situation de tension persistante. La question qui se pose est celle de l’avenir de la France et de sa capacité à surmonter ces fractures sociales et politiques. L’heure des choix approche, mais les réponses semblent encore lointaines.