La fin de la troisième canicule de l’année a été marquée par des températures dépassant les 40 degrés, exacerbant ainsi les conséquences du changement climatique. Cette situation, avec son cortège de menaces telles que les incendies et la pénurie d’eau, génère une angoisse croissante au sein de la population française. Ce mal-être, désigné sous le terme d’**éco-anxiété**, pousse de plus en plus de citoyens à consulter des psychologues spécialisés.
EN BREF
- Les psychologues constatent une augmentation des consultations liées à l’éco-anxiété.
- Une étude révèle que 40% des Français sont très inquiets des effets du dérèglement climatique.
- Des actions concrètes, comme l’adoption de modes de vie plus durables, apportent un certain réconfort aux personnes touchées.
Simon, ingénieur et père de deux enfants, illustre bien ce phénomène. Éprouvant une forte éco-anxiété, il a intensifié ses séances de suivi au cours des deux derniers mois. « Je ne me sens pas prêt à affronter ces 50 degrés et les pénuries d’eau », confie Lucie, 27 ans, résidente de la région parisienne. Pour elle, ce climat de peur est exacerbé par des images troublantes circulant sur les réseaux sociaux, comme celles de la Loire, où des poissons morts flottent à la surface des eaux caniculaires. « Je pense que nous allons faire face à des pertes humaines à cause de ces canicules. Cela va empirer », ajoute-t-elle.
Lucie se rend régulièrement chez une psychologue pour traiter d’angoisses préexistantes, mais trouve également le moyen d’évoquer son inquiétude face au changement climatique. De nombreux psychologues ont observé une augmentation des suivis depuis la canicule de mai dernier. Anne Jacob, membre d’un « Réseau de professionnels de l’Accompagnement Face à l’Urgence Écologique » et praticienne à Nantes, signale que des patients qui n’avaient auparavant aucune conscience écologique ressentent désormais un profond stress lié à des journées perturbées par la chaleur ou à des vacances menacées par des feux de forêt.
Une inquiétude croissante
Manuela Santa-Marina, psychologue clinicienne et psycho-traumatologue, partage ce constat alarmant. Selon une étude de l’Insee parue en mai, 40 % des Français se disent très inquiets des effets du dérèglement climatique. Cette inquiétude est particulièrement accentuée dans les zones urbaines, parmi les personnes les plus diplômées et chez les femmes.
Pour faire face à cette éco-anxiété, certains individus cherchent des moyens d’adaptation au changement climatique. L’entraide et la solidarité collective peuvent également constituer des sources de réconfort. Agir concrètement pour contrer le dérèglement climatique, même à une échelle individuelle, peut offrir un certain apaisement. Par exemple, Lucie trouve une lueur d’espoir dans son travail de cheffe spécialisée dans la cuisine végétarienne. Elle se consacre à créer des plats savoureux qui contribuent à réduire l’empreinte carbone des assiettes de ses clients.
Cette dynamique souligne l’importance de prendre en considération les sentiments d’angoisse liés à l’environnement. Les professionnels de la santé mentale sont de plus en plus sollicités pour accompagner les personnes affectées par ce phénomène. Alors que le changement climatique continue d’impacter nos vies, il devient crucial de trouver des espaces de dialogue et de soutien, tant au niveau individuel que collectif.