Édouard Geffray ne souhaite pas imposer la projection du film sur Samuel Paty à l’école

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a récemment exprimé son opinion sur le film L’abandon, qui traite de l’assassinat de Samuel Paty en 2020. Invité sur RMC le 22 mai, il a souligné qu’il ne souhaite pas rendre obligatoire la projection de ce film dans les établissements scolaires, bien qu’il en reconnaisse l’importance.

EN BREF

  • Édouard Geffray ne veut pas imposer le film L’abandon aux écoles.
  • Le producteur Stéphane Simon et la sœur de Samuel Paty soutiennent sa diffusion.
  • Geffray considère le film comme ayant une valeur éducative, mais sans obligation.

Geffray a indiqué que le film, bien qu’il ne soit pas un document à projeter systématiquement, a un intérêt public indéniable. Selon lui, ce dernier aborde les faits de manière neutre, sans accuser directement quiconque. Il a précisé : “Je ne suis pas partisan de l’obligation” d’y faire assister les élèves, tout en reconnaissant l’impact que le sujet a eu sur la société française.

La question de la diffusion de L’abandon dans les classes a suscité des débats. Le producteur du film, Stéphane Simon, a exprimé son souhait de voir le film projeté dans les établissements scolaires, soulignant qu’il représente une opportunité de réflexion sur les événements tragiques qui ont touché Samuel Paty, un professeur d’histoire-géographie assassiné par un terroriste islamiste en octobre 2020. Il a insisté sur le fait que le film pourrait servir de leçon éducative.

La sœur de Samuel Paty, Mickaëlle Paty, également impliquée dans l’écriture du scénario, a ajouté que le film possède une « vertu éducative indéniable ». Elle a exprimé son désir que l’Éducation nationale s’empare de cette œuvre pour en faire un outil pédagogique.

Malgré ces soutiens, Édouard Geffray a maintenu sa position. Il a partagé ses échanges avec des enseignants, certains d’entre eux exprimant leur volonté de visionner le film, tandis que d’autres ont fait savoir qu’ils ne se sentaient pas prêts à le faire. Il a déclaré : “Je ne vais pas forcer qui que ce soit à y aller”, soulignant l’importance de laisser le choix aux enseignants et aux élèves.

Le ministre a néanmoins affirmé que tout professeur qui déciderait de montrer le film en classe n’aurait pas à se justifier. “C’est un film qui est sur des faits qui ont suffisamment ébranlé l’institution pour qu’un professeur soit en droit total de le montrer”, a-t-il conclu.

Cette déclaration de Geffray intervient alors que la société française continue de débattre des enjeux autour de la mémoire et de l’éducation face à des événements tragiques. La tension entre l’enseignement de l’histoire et la sensibilité des élèves face à des sujets comme celui-ci reste un défi pour le système éducatif.