Dans le paysage politique français, le face-à-face entre Édouard Philippe et Gabriel Attal prend des allures de match nul, selon les résultats d’un sondage exclusif Ifop-Fiducial pour Paris Match. À sept mois du premier tour de l’élection présidentielle, les deux anciens Premiers ministres de Emmanuel Macron se disputent le même espace, mais sans réussir à s’imposer vraiment l’un par rapport à l’autre.
EN BREF
- Édouard Philippe devance Gabriel Attal dans les intentions de vote, 34 % contre 29 %.
- Philippe est perçu comme plus compétent, Attal comme plus sympathique.
- Leurs cotes de popularité s’effritent, diminuant de 4 points chacun en un an et demi.
Le sondage révèle que Philippe recueille 34 % des suffrages, tandis qu’Attal le suit de près avec 29 %. Cette différence de cinq points est insuffisante pour déclarer un vainqueur dans une compétition où chacun possède des atouts distincts. Comme l’explique Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, « le match reste ouvert » car chaque candidat présente des qualités que l’autre n’a pas.
Philippe, ancien maire du Havre, bénéficie d’une stature politique reconnue. Près de 39 % des sondés estiment qu’il a les qualités d’un président, contre seulement 22 % pour Attal. Son expérience à Matignon, où il a exercé durant trois ans, lui confère une légitimité que son rival n’a pas pu acquérir avec ses huit petits mois au poste de Premier ministre.
En revanche, Gabriel Attal se démarque par son image. Il est jugé sympathique par 51 % des personnes interrogées, alors que Philippe n’atteint que 39 %. Cette perception d’Attal comme un homme ouvert au dialogue pourrait lui conférer un certain avantage dans un contexte où les électeurs recherchent de l’empathie et de l’engagement.
Malgré ces forces respectives, le chemin vers une candidature présidentielle unifiée semble semé d’embûches. Les deux hommes ont récemment convenu d’un rassemblement au début de 2027, mais leur rivalité actuelle pourrait nuire à leurs ambitions. Le souhait des Français de les voir candidats au premier tour est en déclin : Philippe est passé de 38 % à 34 % en un an, tandis qu’Attal a chuté de 33 % à 29 %.
Bien que cette dynamique de compétition puisse traditionnellement accroître la visibilité des candidats, elle semble ici avoir l’effet inverse. Les deux hommes, au lieu de profiter de leur rivalité pour se mettre en avant, semblent perdre du terrain. Une situation qui rappelle ce qu’a vécu François Fillon lors de la primaire de la droite en 2016, où il avait su inverser la tendance au fil de la campagne.
Philippe a manifestement un avantage en rassemblant davantage son camp. Parmi les sympathisants du parti Renaissance, 77 % souhaitent le voir candidat, contre 69 % pour Attal. Ce rapport de force est encore plus marqué chez les sympathisants des Républicains, où 65 % soutiennent Philippe contre 40 % pour Attal. Ce dernier, malgré son rôle de secrétaire général du parti, ne parvient pas à s’imposer comme une figure unificatrice.
De plus, Philippe semble capable d’attirer des soutiens au-delà de son camp. Des électeurs socialistes et écologistes sont favorables à sa candidature, ce qui n’est pas le cas pour Attal. Cela illustre la complexité d’un espace politique de plus en plus étroit, pris en tenaille entre des forces opposées, telles que le Rassemblement national et La France insoumise, qui continuent de croître dans les sondages.
En somme, ce duel entre Édouard Philippe et Gabriel Attal n’est pas sans risques. Alors qu’il devait initialement permettre de faire émerger une candidature unique, il pourrait finalement compromettre les chances des deux prétendants de se qualifier pour le second tour. L’avenir politique s’annonce donc incertain pour ces deux figures montantes de la République.