Édouard Philippe prône une immigration de travail contrôlée et un regroupement familial limité

Le mardi 22 mars 2026, lors d’un discours au Havre, Édouard Philippe, candidat du mouvement Horizons à la présidentielle, a exprimé des positions fermes sur les questions d’immigration. Son propos s’articule autour d’une immigration de travail qu’il souhaite « choisie et contrôlée », tout en évoquant la nécessité de limiter le regroupement familial et de normaliser les relations avec l’Algérie.

EN BREF

  • Édouard Philippe soutient une immigration de travail contrôlée.
  • Il propose de limiter le regroupement familial en France.
  • Il appelle à normaliser les relations avec l’Algérie pour faciliter les expulsions.

Dans une interview accordée au quotidien Le Figaro, Philippe a souligné l’importance d’une immigration pour répondre à la contraction de la population active en France. Il a fait référence à l’initiative de la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, qui a délivré 500 000 visas, illustrant ainsi sa volonté d’un encadrement similaire en France.

Concernant le regroupement familial, Philippe a évoqué la nécessité de « faire accepter une réserve d’interprétation » de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui garantit le respect de la vie privée et familiale. Il a suggéré une modification constitutionnelle pour clarifier cette interprétation, sans entrer dans les détails des propositions spécifiques.

Le regroupement familial permet actuellement aux étrangers résidant légalement en France depuis plus de 18 mois, et 12 mois pour les Algériens, de faire venir leur conjoint et leurs enfants mineurs, sous certaines conditions. Philippe semble vouloir renforcer les critères pour cet accès.

Sur la question des expulsions, il a exprimé des préoccupations quant à la « puissance » de la France à faire respecter les obligations de quitter le territoire français (OQTF). Il a déclaré qu’il était nécessaire d’augmenter la force de négociation de la France pour que ces mesures soient réellement appliquées.

En parallèle, il a plaidé pour une « normalisation » des relations avec l’Algérie, pays qui refuse de reprendre ses ressortissants expulsés. Philippe a affirmé qu’il n’y avait aucune raison de maintenir un état du droit qui suggérerait une relation particulière avec ce pays, un message qui vise à clarifier les attentes en matière de coopération migratoire.

Édouard Philippe, ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, est actuellement bien positionné dans les sondages pour atteindre le second tour de l’élection présidentielle de 2027, notamment face à Jordan Bardella. Cette dynamique pourrait renforcer sa légitimité et son influence sur le débat migratoire en France.

Les propositions d’Édouard Philippe sur l’immigration soulèvent des questions cruciales sur l’équilibre entre l’accueil des étrangers et les besoins du marché du travail français, tout en révélant les tensions persistantes entre la France et certains pays d’origine des migrants. Sa position pourrait avoir des répercussions significatives sur les futures politiques d’immigration.