La France fait face à une canicule persistante ce lundi 22 juin, touchant 49 départements en vigilance rouge et 40 autres en vigilance orange. Cette vague de chaleur rappelle la tragédie de 2003, où plus de 15.000 personnes, en majorité des personnes âgées, avaient perdu la vie. Alors que les prévisions annoncent encore plusieurs jours de fortes chaleurs, la question se pose : les Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (Ehpad) sont-ils réellement prêts ?
EN BREF
- 49 départements en vigilance rouge face à la canicule.
- Les Ehpad doivent disposer de pièces rafraîchies à chaque étage.
- Des protocoles stricts ont été mis en place depuis 2003.
Invité sur RMC, Jean-Christophe Amarantinis, président du Synerpa, a souligné que les leçons tirées de la canicule de 2003 ont permis une amélioration significative dans la gestion des vagues de chaleur. « Aujourd’hui, l’ensemble des administrations nationales et régionales distribuent des protocoles stricts à tous les établissements du secteur », a-t-il affirmé dans le Morning RMC, indiquant que « tout le monde est en ordre de marche pour coordonner et accompagner les personnes âgées ».
Cette préparation inclut des obligations précises pour les Ehpad. Dans chaque établissement, une pièce rafraîchie doit être disponible à chaque étage, permettant aux résidents de s’y réfugier pendant les heures les plus chaudes. De plus, certains établissements proposent des places d’hébergement temporaires pour les personnes qui pourraient avoir besoin d’un rafraîchissement supplémentaire.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a également évoqué la possibilité pour les personnes âgées vivant à domicile de bénéficier de ces espaces rafraîchis. « Depuis la canicule de 2003, la réglementation impose ces espaces rafraîchis en établissements, avec un accompagnement financier renforcé, notamment grâce aux crédits du Ségur », a-t-elle précisé sur X.
Jean-Christophe Amarantinis est confiant quant à la capacité des Ehpad à gérer la situation actuelle. Il a déclaré qu’une tragédie similaire à celle de 2003 ne pourrait plus se reproduire. « Aujourd’hui, les Ehpad sont parfaitement coordonnés et encadrés », a-t-il insisté, ajoutant que « le personnel soignant est présent en permanence, de jour comme de nuit, assurant une surveillance intégrale des résidents ».
Cependant, une ombre plane sur cette bonne préparation. La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a annoncé que trois personnes âgées, âgées de 80 à 95 ans, avaient perdu la vie dimanche, probablement à cause des fortes chaleurs. Ces victimes, une femme et deux hommes, sont décédées à leur domicile dans les communes de Cenon, Saint-Médard-en-Jalles et Saint-Jean-d’Illac, en périphérie de Bordeaux. Cet événement tragique rappelle que, malgré les avancées, la vigilance reste de mise face aux dangers des fortes températures.
Le secteur des Ehpad semble donc mieux préparé qu’auparavant, bénéficiant de l’expérience du passé et de protocoles renforcés. Toutefois, l’ombre de la canicule de 2003 reste présente, incitant les autorités et les établissements à redoubler d’efforts pour protéger les personnes les plus vulnérables durant ces épisodes de chaleur extrême.