À Nice, la campagne électorale pour les municipales de 2026 prend des allures de chemin de croix pour le maire sortant, Christian Estrosi. Ce dernier, distancé au premier tour par Éric Ciotti, son rival et ancien allié, peine à rassembler un front républicain suffisant pour contrer l’ascension du Rassemblement national (RN). Les résultats du scrutin révèlent une dynamique inquiétante pour celui qui a longtemps occupé le poste de maire de la ville.
EN BREF
- Christian Estrosi, maire sortant, en difficulté face à Éric Ciotti.
- Absence de front républicain pour contrer le RN.
- La campagne se caractérise par des tensions et des critiques acerbes.
Le premier tour des élections municipales a placé Éric Ciotti en tête avec 43 % des voix, tandis que Christian Estrosi n’a obtenu que 31 %. Le maire sortant, qui avait été réélu en 2020 avec près de 60 % des suffrages, se retrouve désormais dans une situation délicate. Face à ce constat, M. Estrosi a appelé à faire barrage au RN, affirmant que « la ville de Nice est en danger ».
Pour tenter de redresser la barre, Estrosi a précédemment bénéficié du désistement de la gauche aux régionales de 2015 et 2021. Cependant, la candidate PS-PCF-écologistes, Juliette Chesnel-Le Roux, a décidé de maintenir sa liste pour le second tour, coupant court aux espoirs d’une fusion. Après avoir refusé une alliance avec La France insoumise (LFI), elle a critiqué Estrosi, l’accusant d’avoir contribué à la banalisation des idées d’extrême droite.
Les tensions au sein de la campagne sont palpables, avec des échanges acérés entre les candidats. Estrosi, qui a longtemps été considéré comme un pilier de la politique niçoise, se voit désormais confronté à des accusations concernant sa gestion, notamment l’augmentation de la taxe foncière de près de 20 % en 2024, ainsi que des enquêtes judiciaires entourant son mandat.
Le climat de campagne est devenu particulièrement hostile. Estrosi a ainsi dû faire face à des rumeurs concernant sa santé, qu’il a jugé nécessaire de démentir publiquement, certificat médical à l’appui. Un incident marquant a également eu lieu devant son domicile, où des actes à caractère antisémite ont été constatés, alimentant des soupçons de complot.
Malgré cette atmosphère tendue, Estrosi a tenté de montrer sa détermination en multipliant les rencontres avec les habitants. Toutefois, la perception des Niçois semble avoir évolué, avec un nombre croissant d’électeurs exprimant leur désir de changement. La campagne de Ciotti, quant à elle, se poursuit avec vigueur, appelant les électeurs à « se libérer de l’emprise » d’Estrosi.
Le chemin vers le second tour s’annonce semé d’embûches pour Christian Estrosi, qui devra redoubler d’efforts pour tenter de convaincre les électeurs de lui accorder leur confiance une nouvelle fois. À l’approche de cette échéance cruciale, l’issue de cette élection pourrait marquer un tournant significatif dans la politique locale niçoise.