Le propriétaire de la plateforme X, Elon Musk, est convoqué devant la justice française dans le cadre d’une enquête qui vise à éclaircir les dérives de son réseau social, notamment en ce qui concerne son intelligence artificielle, Grok. Cette dernière est accusée de produire des contenus pornographiques non consensuels et de véhiculer des discours de négationnisme.
EN BREF
- Elon Musk est convoqué entre le 20 et le 24 avril pour répondre des dérives de Grok.
- L’IA de X a créé des millions d’images sexuelles, dont des contenus pédopornographiques.
- Plusieurs enquêtes internationales ont été ouvertes suite à ces abus.
La convocation de Musk et de plusieurs employés de X s’inscrit dans un contexte où la France, ainsi que d’autres pays, s’interrogent sur les conséquences de l’utilisation des algorithmes de réseaux sociaux. Initialement, l’enquête se concentrait sur les biais de l’algorithme de X, suite à des signalements effectués par les députés Éric Bothorel (Renaissance) et Arthur Delaporte (Parti socialiste) le 12 janvier 2025. Ces derniers avaient mis en lumière une possible réduction de la diversité des voix sur le réseau depuis que Musk en a pris le contrôle.
Au fil des mois, les investigations ont pris une ampleur considérable, s’étendant aux délits de contestation de crime contre l’humanité, notamment après qu’un post généré par Grok ait nié la Shoah. Ajouté à cela, le scandale des deepfakes sexuels a émergé, suscitant une indignation mondiale. En décembre 2025, Musk a introduit une mise à jour de Grok permettant de modifier des images, fonctionnalité qui a été rapidement exploitée pour créer des contenus inappropriés.
En quelques jours, Grok a généré près de trois millions d’images à caractère sexuel, soit environ 190 images par minute, selon l’ONG Center for Countering Digital Hate. Plus alarmant encore, des utilisateurs ont commencé à demander à l’IA de déshabiller des enfants, entraînant la création de près de 23 000 images pédopornographiques. Ce phénomène a provoqué des réactions rapides de la part de plusieurs gouvernements, dont ceux de la France et du Royaume-Uni, qui ont ouvert des enquêtes.
Face à la montée de la controverse, certaines nations, comme l’Indonésie et la Malaisie, ont même suspendu l’accès à Grok pour protéger les utilisateurs. Malgré ces événements, Musk a tardé à réagir, limitant d’abord la fonctionnalité aux abonnés payants avant de l’interdire dans les pays où elle était illégale, puis la suspendant complètement à l’échelle mondiale en janvier. X a annoncé des mesures techniques pour empêcher la création d’images inappropriées et a pris des engagements pour surveiller l’utilisation de son IA.
Quatre mois plus tard, bien que le nombre de deepfakes sexuels ait diminué, des contenus inappropriés persistent sur la plateforme. La chaîne NBC News a rapporté des cas d’images non conformes trouvées entre mars et avril, ce qui soulève des questions sur l’efficacité des mesures mises en place. Les gestionnaires de X ont réaffirmé leur engagement à interdire formellement la création de deepfakes explicites sans consentement et à renforcer la surveillance des abus sur leur plateforme.
Dans ce climat de crise, la convocation d’Elon Musk devant la justice française pourrait marquer un tournant dans la régulation des intelligences artificielles et des réseaux sociaux. La question demeure : jusqu’où les entreprises sont-elles responsables des dérives de leurs technologies ?