La tension s’est intensifiée au sein de la campagne des municipales parisiennes. Emmanuel Grégoire, député du Parti socialiste et candidat à la mairie de Paris, a accusé le président Emmanuel Macron d’avoir « intervenu » pour favoriser le retrait de la candidate d’extrême droite, Sarah Knafo. Ces déclarations ont été faites lors d’une interview sur Franceinfo, où M. Grégoire a évoqué une « faute morale immense » de la part du chef de l’État.
EN BREF
- Emmanuel Grégoire accuse Emmanuel Macron d’intervenir pour retirer Sarah Knafo.
- Rachida Dati, candidate de la droite, dénonce les propos de Grégoire.
- Un débat télévisé a rassemblé près d’un million de téléspectateurs.
Ces accusations interviennent à la suite d’un unique débat télévisé diffusé sur BFMTV et Le Figaro TV, qui a attiré 752 000 téléspectateurs en moyenne, avec un pic d’audience atteignant presque un million. Au cours de ce débat, M. Grégoire a été confronté à Rachida Dati, candidate de la droite, et à Sophia Chikirou, représentante de la France Insoumise, créant ainsi une atmosphère de tension palpable.
« Vous ne pourrez pas être élue maire de Paris sans le soutien explicite de l’extrême droite », a déclaré M. Grégoire à l’adresse de Mme Dati, en rappelant que Jacques Chirac n’aurait jamais pu être élu avec le soutien de Jean-Marie Le Pen. En réponse, Rachida Dati a réaffirmé son positionnement : « Nous avons toujours eu un cordon sanitaire avec l’extrême droite. »
Emmanuel Grégoire, arrivé en tête du premier tour avec 37,98 % des voix, a vu sa position renforcée par les divisions au sein de la droite. Sa principale concurrente, Rachida Dati, a obtenu 25,46 % des suffrages. Cependant, elle a récemment formé une alliance avec Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons/Renaissance, qui a quitté la vie politique parisienne. Sarah Knafo, quant à elle, a également décidé de se retirer en appelant ses électeurs à « chasser la gauche » de l’Hôtel de Ville.
La dynamique actuelle laisse présager un second tour très disputé. D’après un sondage Ifop-Fiducial, Emmanuel Grégoire pourrait l’emporter avec 46 % des voix contre 44 % pour Dati. Sophia Chikirou, quant à elle, est créditée de 10 % des voix. Ce résultat serré a incité Emmanuel Grégoire à dramatiser la situation, accusant de nouveau Emmanuel Macron d’intervenir pour favoriser le camp adverse.
« C’est la première fois que l’extrême droite dépasse les 10 % à Paris lors d’un scrutin central. Et bizarrement, à ce moment-là, ils se retirent. C’est un pacte du diable », a-t-il poursuivi, visant directement Rachida Dati. Cette dernière a rapidement démenti ces allégations, ajoutant que les propos de M. Grégoire « déshonorent » celui qui les prononce.
Le président Macron, quant à lui, a réagi à ces accusations en qualifiant les propos de M. Grégoire de « sans sens ». À Bruxelles, il a assuré ne pas connaître Sarah Knafo, rejetant ainsi toute implication dans les événements en cours. Dans un climat de tensions croissantes, Rachida Dati a également dénoncé le comportement de son adversaire, le qualifiant de « panique » et de « complotisme ».
Les tensions entre les candidats ne sont pas uniquement politiques. Des échanges hors caméras ont également eu lieu après le débat, où Mme Dati aurait qualifié M. Grégoire de manière peu amicale, illustrant ainsi l’âpreté de cette campagne municipale.
À quelques jours du second tour, la campagne parisienne s’annonce plus que jamais cruciale. Les alliances et les accusations fusent, et chaque candidat tente de mobiliser ses troupes face à un enjeu qui pourrait redessiner le paysage politique de la capitale.