Lors d’un meeting de campagne qui s’est tenu le 20 mars 2026 au parc de Belleville, Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a mobilisé ses partisans autour d’un message fort : faire bloc contre l’union des droites, représentée par Rachida Dati. Dans une ambiance survoltée, il a averti des dangers que cette alliance pourrait faire peser sur la ville.
EN BREF
- Emmanuel Grégoire appelle à une mobilisation contre Rachida Dati.
- Il dénonce un risque d’alliance avec l’extrême droite.
- Le soutien de Marine Le Pen à Dati renforce les craintes de la gauche.
Grégoire a affirmé que l’élection de Rachida Dati à la mairie de Paris signifierait l’ouverture des portes de l’Hôtel de Ville à des idées extrémistes. « Ouvrir les portes de l’Hôtel de Ville à Rachida Dati, c’est laisser entrer les idées de l’extrême droite par la porte dérobée », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de l’unité de la gauche pour contrer cette menace.
Dans son discours, il a insisté sur le fait que l’union des droites ne pourrait se passer des voix de l’extrême droite pour gagner. Il a précisé que si Dati devenait maire, elle serait « redevable à Sarah Knafo et à Marine Le Pen », une assertion qui a soulevé l’inquiétude parmi ses partisans.
Rachida Dati, candidate de l’union du centre et de la droite, a pour sa part rejeté toute alliance avec l’eurodéputée d’extrême droite Sarah Knafo, qui s’est désistée malgré sa qualification au second tour. Dati a choisi de s’allier avec Pierre-Yves Bournazel, un centriste, mais son retard de plus de 12 points sur Grégoire suggère qu’elle a besoin d’un report de voix pour espérer l’emporter.
Le soutien de figures de la droite extrême, comme Jordan Bardella du Rassemblement national, ainsi que le soutien explicite de Marine Le Pen, qui a appelé à « faire barrage » à Grégoire, accentue encore plus la tension autour de cette élection. Le candidat de la gauche a également rappelé les conséquences historiques d’une telle alliance, évoquant le 21 avril 2002, date à laquelle Jean-Marie Le Pen avait accédé au second tour de l’élection présidentielle. « Il n’y aura pas de 22 mars », a-t-il ajouté, martelant l’urgence de la situation.
Dans le public, une foule de près d’un millier de personnes a répondu présent, rassemblant élus parisiens, têtes de liste d’arrondissements et personnalités de gauche, dont le sénateur écologiste Yannick Jadot. Emmanuel Grégoire a également cité l’ancien maire Jacques Chirac, questionnant ce qu’il penserait de la situation actuelle, où des principes seraient bafoués pour obtenir une victoire à tout prix.
Le candidat a ensuite pointé du doigt Emmanuel Macron, qu’il soupçonne d’avoir orchestré le retrait de Knafo en faveur de Dati. « Voilà l’héritage d’Emmanuel Macron, l’union de la droite et de l’extrême droite! Où sont passées leurs valeurs? », a-t-il interpellé, dénonçant ainsi ce qu’il considère comme une dérive politique.
Enfin, s’adressant aux électeurs de Sophia Chikirou, il a souligné que « l’union, ça se fait dans le respect de l’autre, et pas dans l’invective ou la menace », renforçant son appel à une mobilisation collective, respectueuse et constructive. Ce meeting marque ainsi une étape clé dans la campagne électorale, où la gauche tente de resserrer les rangs face à une droite qui semble en embuscade.