Emmanuel Macron dénonce des propos antisémites attribués à Jordan Bardella

En déplacement en Espagne, Emmanuel Macron a fermement réagi aux propos antisémites présumés de Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN). Ce mercredi 30 septembre 2026, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à Madrid, le chef de l’État français a qualifié ces déclarations de « gravissimes et inacceptables ».

EN BREF

  • Emmanuel Macron condamne des propos antisémites attribués à Jordan Bardella.
  • Le RN dénonce une « barbouzerie » et des « faux grossiers ».
  • Le président appelle à clarifier la ligne du parti face à la violence langagière.

Cette réaction fait suite à une enquête de Mediapart, publiée lundi, dans laquelle le site d’investigation présente des échanges privés, authentifiés selon ses sources, dans lesquels Jordan Bardella aurait tenu des propos antisémites à l’été 2012. À l’époque, le député européen, alors âgé de 17 à 18 ans, aurait écrit des phrases telles que : « Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler ». Ces accusations ont suscité de vives réactions au sein du RN.

Jordan Bardella a immédiatement réagi en qualifiant les révélations de Mediapart de « faux grossiers ». De son côté, Marine Le Pen, candidate du RN à la présidentielle, a dénoncé ce qu’elle appelle une « barbouzerie » et a évoqué les « prémices d’une guerre totale » contre leur parti. Elle a également prévenu que des mesures seraient prises en réponse à ces accusations, insinuant que le site d’investigation pourrait devoir faire face à des conséquences pour son comportement.

Face à cette controverse, Emmanuel Macron a souligné que les responsables du RN devaient « clarifier la ligne, les mots et les personnes du parti ». Il a exprimé son indignation face à la violence langagière dont il estime que le Rassemblement national fait preuve, déclarant que de telles expressions ne peuvent être soumises à aucun commentaire. « Ils appellent à la condamnation la plus extrême », a-t-il insisté.

Macron a également évoqué le risque d’escalade que peut engendrer cette violence verbale, notant qu’il est inacceptable de s’en prendre aux adversaires politiques ou à ceux qui organisent le débat public. Ces déclarations soulèvent des questions sur le climat politique actuel en France, particulièrement à quelques mois des élections présidentielles.

Dans un contexte où le discours politique est de plus en plus polarisé, les déclarations d’Emmanuel Macron et les réponses du RN mettent en lumière les tensions qui existent entre le gouvernement et l’extrême droite. Ce débat sur la langue et les valeurs politiques semble loin d’être clos, alors que le pays se prépare à des élections cruciales.

La situation actuelle souligne l’importance de la responsabilité accrue des acteurs politiques face à leurs paroles et à leurs actes, dans un climat où les discours de haine semblent se multiplier. La réaction du président pourrait également avoir des implications pour la campagne présidentielle à venir, alors que les enjeux de la lutte contre l’antisémitisme et la promotion du respect dans le débat public restent au cœur des préoccupations sociétales.