Emmanuel Macron, président de la République française, a été la cible de messages particulièrement agressifs sur son téléphone personnel. Ces messages, attribués à un ancien ingénieur aujourd’hui sans emploi, ont été envoyés entre mars et juin 2026. Le prévenu a comparu le 10 septembre devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, où il a été poursuivi pour outrages à personne dépositaire de l’autorité publique et menace de mort.
EN BREF
- Emmanuel Macron a reçu 19 messages agressifs sur son téléphone personnel.
- Un ancien ingénieur, accusé, a comparu devant le tribunal de Bordeaux.
- Le jugement sera rendu le 15 octobre 2026.
Au cours de l’audience, le président du tribunal, Jean-Luc Ybres, a cité plusieurs messages troublants, parmi lesquels figuraient des insultes explicites telles que « Vos couilles sont inexistantes » et « petite salope ». Un message a été interprété comme une menace de mort : « Vous ne pouvez pas gagner contre moi de cette façon, il ne peut qu’y avoir une balle dans ma tête ou la vôtre ». Malgré la gravité des accusations, l’accusé a affiché un calme apparent et a nié toute intention violente.
Une question centrale a émergé lors de l’audience : comment cet homme, résidant à Landiras, en Gironde, a-t-il obtenu le numéro personnel d’Emmanuel Macron ? Selon ses dires, il aurait trouvé une clé USB dans sa boîte aux lettres à Marmande, cinq ans plus tôt. Cette clé contiendrait, selon lui, le numéro du président ainsi que ceux de plusieurs médias. Cette version n’a cependant pas été corroborée par l’enquête.
Lors de sa garde à vue, l’accusé a déclaré vouloir poursuivre Emmanuel Macron pour « haute trahison ». Son profil a été scruté de près durant l’audience. En effet, il suit une psychothérapie depuis 2021 et, selon l’expertise psychiatrique présentée, il présente une « hypertrophie du moi » ainsi qu’une dimension paranoïaque, se situant « à la limite des idées délirantes ». Bien que son discernement ait été jugé altéré, il n’a pas été considéré comme violent. Son avocat, maître Gaessy Gros, a plaidé pour une altération plus significative de son état mental, mettant en avant les propos de son client concernant ses supposées contributions au mouvement des gilets jaunes et ses relations avec les services de l’État.
Dans le cadre de l’audience, l’ancien ingénieur a admis avoir commis un outrage, mais a contesté la menace de mort. Il a précisé que son premier message était destiné à obtenir « l’arrêt du génocide en Palestine » et à s’opposer aux ventes d’armes à Israël. Cette affaire, mêlant insultes, menace présumée et éléments évalués par l’expertise psychiatrique, soulève des questions sur la santé mentale du prévenu et ses motivations.
Le parquet continue de poursuivre l’homme pour les faits qui lui sont reprochés. Après l’audience du 10 septembre, le tribunal a décidé de mettre sa décision en délibéré, le jugement étant attendu pour le 15 octobre 2026. D’ici là, le prévenu demeure présumé innocent des infractions qui lui sont reprochées, et cette affaire devra patienter pour connaître son issue judiciaire.