En Iran, la population face à la répression et à la menace d’un conflit renouvelé

La population iranienne se trouve dans une situation alarmante, tiraillée entre la répression d’un régime autoritaire et la menace persistante d’une guerre. Azadeh Kian, sociologue franco-iranienne, s’est exprimée sur ce sujet lors d’une interview, révélant les inquiétudes croissantes des Iraniens face à une réalité économique désastreuse.

EN BREF

  • Les Iraniens expriment leur rejet de la guerre et du régime en place.
  • L’inflation frappe durement, avec une classe moyenne en déclin.
  • La répression continue d’étouffer toute forme de contestation publique.

Lors de son intervention, Azadeh Kian a souligné que « la population iranienne est à la fois contre la guerre et contre le régime ». Cette dichotomie réside dans une situation économique marquée par une inflation vertigineuse, qui a atteint 88 % en octobre. Les conséquences de cette crise se font sentir dans les foyers, particulièrement au sein de la classe moyenne, historiquement porteuse de valeurs telles que la liberté et la démocratie. Aujourd’hui, cette classe sociale se voit appauvrie, à tel point que la viande et même les œufs deviennent des denrées inaccessibles pour de nombreuses familles.

Kian a ajouté que malgré les conditions de vie de plus en plus précaires, « les gens qui ont faim sont susceptibles de prendre les rues de nouveau ». Cependant, la peur de la répression, exacerbée par les récentes exécutions d’opposants, freine toute tentative de soulèvement. Des jeunes ayant participé aux manifestations de janvier dernier ont payé le prix fort, avec deux d’entre eux exécutés, tandis que d’autres, notamment des femmes, sont en danger de mort.

« Les gens savent personnellement que le régime tue et ils ont tué des milliers de jeunes protestataires en janvier », a déclaré Kian. Ce climat de terreur n’empêche pas le mécontentement de croître. La colère des citoyens face à la situation actuelle est palpable, même si la mobilisation reste difficile. Kian souligne que « tant que la guerre continue, tant qu’il y a des tensions régionales, internationales, le régime tient ».

La sociologue évoque également le mouvement « Femme, Vie, Liberté », qui a suscité un élan de solidarité et de mobilisation au sein de la société civile. Cependant, cette dynamique semble aujourd’hui étouffée par la peur et la répression. Kian appelle à une revitalisation de la société civile iranienne, soulignant que « pour que cela se produise, il faut la paix ».

Dans ce contexte, l’Iran suit de près les élections de mi-mandat aux États-Unis, redoutant une reprise des frappes américaines. La population vit dans une tension constante, entre le souvenir des conflits passés et l’angoisse d’un futur incertain. La volonté des Iraniens de vivre en paix avec le reste du monde est contrecarrée par un régime qui entretient les tensions tant sur le plan interne qu’externe.

En somme, les Iraniens sont pris en étau entre un régime répressif et les craintes d’une guerre imminente. La colère et le désespoir grandissent au sein d’une population qui aspire à la paix et à la liberté, mais qui est confrontée à une répression d’une brutalité inouïe.