Enquête en Italie sur LVMH pour la promotion de cosmétiques auprès des jeunes

Le vendredi 30 décembre 2025, l’autorité italienne de la concurrence a annoncé l’ouverture d’une enquête contre le groupe LVMH, ainsi que ses marques Sephora et Benefit. Cette enquête vise à déterminer si ces entreprises ont promu l’utilisation de cosmétiques pour adultes auprès d’enfants et d’adolescents, y compris des crèmes anti-âge, ce qui soulève des préoccupations quant à la santé des jeunes consommateurs.

EN BREF

  • Une enquête ouverte par l’AGCM sur LVMH pour la promotion de cosmétiques auprès des jeunes.
  • Des micro-influenceuses utilisées pour inciter à l’achat de produits non adaptés.
  • Des risques de santé soulignés par des experts en dermatologie pédiatrique.

Selon le communiqué de l’Autorité de la concurrence et du marché (AGCM), l’enquête concerne des accusations d’omission ou de présentation trompeuse d’informations essentielles dans les magasins Sephora et sur leurs plateformes en ligne. L’accent est mis sur l’absence d’avertissements concernant des cosmétiques inadaptés aux mineurs, en particulier pour les lignes de produits Sephora Collection et Benefit Cosmetics.

Les investigations portent également sur l’utilisation de très jeunes micro-influenceuses, qui pourraient inciter les adolescents à des achats impulsifs de produits cosmétiques, un public particulièrement vulnérable à de telles promotions. L’AGCM indique que cette promotion pourrait inclure des produits destinés aux enfants aussi jeunes que 10 ans, ce qui soulève des inquiétudes quant aux effets potentiels sur leur santé.

Les entreprises concernées, LVMH, Sephora et Benefit, ont exprimé leur volonté de coopérer avec les autorités, tout en indiquant qu’elles ne peuvent pas faire de commentaires supplémentaires tant que l’enquête est en cours. Elles affirment également leur conformité avec les réglementations italiennes en vigueur.

La réaction à cette enquête a été rapide. Des experts en santé, comme le Dr Stéphanie Mallet, présidente de la Société française de dermatologie pédiatrique, ont qualifié cette initiative d’importante. Elle souligne qu’il n’est pas acceptable de promouvoir des produits cosmétiques pour des enfants à des fins lucratives, surtout quand ceux-ci n’ont pas d’intérêt pour leur bien-être.

Les dermatologues rappellent que la peau des enfants n’a pas besoin de cosmétiques, à l’exception de produits d’hygiène et de protection solaire. Ils mettent en garde contre les risques d’irritation, d’allergie, et même de perturbations endocriniennes que peuvent entraîner l’utilisation de ces produits non adaptés.

De nombreuses marques se sont récemment tournées vers le marché des pré-adolescents, proposant des produits tels que des masques hydratants ou des lotions à l’effigie de personnages attractifs pour les jeunes. Ces stratégies marketing suscitent des interrogations sur les normes de beauté véhiculées et l’impact sur la perception de soi des jeunes consommateurs.

La recherche a également mis en lumière les pratiques de marketing sur les réseaux sociaux. Par exemple, une étude menée par des chercheurs de l’université Northwestern a révélé que des vidéos promouvant des cosmétiques pour adultes, notamment des crèmes anti-âge, étaient fréquemment présentées à des jeunes filles sur des plateformes comme TikTok, avec un coût moyen de 145 euros par vidéo. Ce phénomène souligne l’influence croissante des médias sociaux sur les comportements d’achat des plus jeunes.

En réponse à ces préoccupations, des perquisitions ont été effectuées dans des locaux de Sephora et LVMH en Italie. Ces enquêtes pourraient conduire à des sanctions financières significatives si les entreprises sont reconnues coupables de pratiques trompeuses.

Cette affaire soulève des questions essentielles sur l’éthique de la publicité ciblant les jeunes et sur la nécessité d’une réglementation plus stricte pour protéger les consommateurs les plus vulnérables.