Des messages inquiétants circulent sur les réseaux sociaux, incitant à des actes de violence à l’encontre des livreurs à vélo, souvent issus de l’immigration. Les appels à la haine raciale, émanant de militants d’extrême droite, ont suscité l’indignation et la peur au sein de cette communauté. Les livreurs, dont le travail est déjà précaire, se retrouvent désormais confrontés à une menace supplémentaire.
EN BREF
- Des militants d’extrême droite lancent des appels à la violence contre les livreurs à vélo.
- Le parquet de Paris ouvre une enquête pour provocation à la haine raciale.
- Le ministre du Travail condamne fermement ces menaces et demande des mesures de protection.
Les propos tenus lors d’une conversation audio sur X sont particulièrement choquants. Des phrases telles que « Il va falloir tuer beaucoup de monde » ou « Ce n’est pas un pays de bougnoules » révèlent un climat de violence et de haine. Ces attaques ciblent les livreurs de repas, professionnels qui exercent souvent dans des conditions difficiles. Oumaima Aouad, coordinatrice de la Maison des coursiers, a souligné l’inquiétude croissante parmi ces travailleurs, qui doivent désormais se méfier à chaque livraison.
Le syndicat Union indépendant, première organisation représentant les livreurs, a vivement réagi en dénonçant ces menaces et en appelant les plateformes de livraison, telles qu’Uber Eats et Deliveroo, à agir. Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsabilités et les motivations derrière ces appels à la violence.
Au-delà des messages audio, de nombreux contenus circulent sur d’autres réseaux sociaux, tels que TikTok, incitant les internautes à emporter les coursiers dans des lieux isolés pour les agresser en groupe. Face à cette situation alarmante, Uber Eats a pris l’initiative d’envoyer des messages de prévention à l’ensemble de ses livreurs, afin de les alerter sur ces menaces.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a exprimé sa solidarité avec les livreurs, condamnant « très fermement » les messages « particulièrement menaçants et à caractère raciste » diffusés sur les réseaux. Il a insisté sur le fait qu’« aucun travailleur de ce pays ne devrait craindre d’être menacé ou agressé dans l’exercice de son travail ». Il a par ailleurs appelé les plateformes à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour assurer la sécurité des travailleurs, tout en demandant aux gestionnaires de réseaux sociaux de retirer ces contenus illégaux.
Cette situation n’est pas sans précédent. De nombreux livreurs à vélo ont déjà été victimes de comportements racistes, ce qui témoigne d’un « racisme décomplexé » de certains clients. Les témoignages recueillis montrent l’ampleur du problème, avec des livreurs rapportant des insultes racistes et des comportements dégradants. Une expérience rapportée par un coursier en 2025 évoque une cliente qui lui aurait parlé « comme à un esclave », tandis qu’un autre a été traité de « sale arabe » avant que la cliente ne menace de porter plainte.
Ces événements soulignent l’urgence de mettre en place des mesures de protection et de sensibilisation, tant pour les livreurs que pour la population en général. Les autorités doivent agir rapidement pour éviter que de tels discours de haine ne se normalisent et ne conduisent à des actes de violence inacceptables.