Enquête ouverte après les menaces de mort d’un sénateur contre la journaliste Nassira El Moaddem

Une enquête a été lancée suite à la plainte déposée par la journaliste Nassira El Moaddem contre le sénateur Thierry Meignen, ancien maire du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). Cette plainte fait suite à des déclarations menaçantes attribuées au sénateur, rapportées par le quotidien Le Monde.

EN BREF

  • La journaliste Nassira El Moaddem a porté plainte contre le sénateur Thierry Meignen.
  • Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur des menaces de mort proférées par Meignen.
  • El Moaddem dénonce un climat dangereux pour les journalistes et appelle à une réaction du gouvernement.

Le parquet de Paris a confirmé que l’enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance aux personnes de la direction de la police judiciaire. Cette décision fait suite à la plainte déposée le 24 mars par Nassira El Moaddem, en collaboration avec son éditeur, Stock. Le sénateur aurait déclaré : « Je vais la faire condamner pour diffamation. Je vais la fouetter. J’irai au bout, elle va mourir, je la tue. »

Nassira El Moaddem est l’auteure du livre-enquête intitulé Main basse sur la ville, dans lequel elle retrace les mandats de Thierry Meignen. Elle y décrit des pratiques douteuses concernant l’attribution des marchés publics, ainsi qu’une chasse aux sorcières visant l’ancienne équipe municipale, tout en évoquant des liens avec l’extrême droite.

Ces propos menaçants ont suscité des réactions au sein de l’Assemblée. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a saisi le président du comité de déontologie de la chambre haute, suite aux appels d’élus écologistes et socialistes. Nassira El Moaddem a exprimé sa satisfaction quant à l’ouverture de l’enquête, soulignant l’importance de la justice dans ce contexte.

Cependant, elle a également manifesté son indignation face à l’inaction du gouvernement. Dans un échange avec l’AFP, elle a déclaré : « Je suis toujours aussi choquée de l’absence de réaction du gouvernement qui interroge sur la sincérité de son engagement à protéger les journalistes. » Elle s’interroge sur le message que cela envoie, en suggérant que cela pourrait encourager des comportements violents à l’encontre des journalistes.

Nassira El Moaddem a partagé ses propres expériences de harcèlement, évoquant des menaces et des agressions physiques subies dans le cadre de son travail. Elle a alerté sur le climat de peur qui règne autour de la profession, où des attaques racistes se multiplient sur les réseaux sociaux.

Enfin, le sénateur Thierry Meignen n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP concernant cette affaire. La suite de l’enquête pourrait apporter des éclaircissements sur cette situation préoccupante, tant pour la journaliste que pour la protection des libertés de la presse en France.