Une enquête nationale, publiée ce lundi 2 novembre, révèle une réalité préoccupante concernant les violences sexuelles chez les jeunes. Selon les données, plus d’un jeune sur cinq âgé de 18 à 21 ans a déclaré avoir subi des faits de viol, que ce soit par contrainte ou sous l’influence de l’alcool ou des drogues.
EN BREF
- 21,9 % des jeunes déclarent avoir subi un viol, selon une enquête inédite.
- 63 % des 18-21 ans affirment avoir vécu au moins une violence sexuelle.
- Les jeunes en situation de vulnérabilité sont davantage touchés par ces violences.
L’enquête « Vavisa » (Vie Affective et les Violences Sexuelles à l’Adolescence), commandée par l’association Contre les violences sur mineurs (CVM), a recueilli les témoignages de 2 269 jeunes à travers un questionnaire anonyme. Les résultats mettent en lumière l’ampleur des violences sexuelles, en qualifiant certaines situations rapportées comme relevant du viol, selon les circonstances décrites.
Parmi les jeunes interrogés, 21,9 % ont déclaré avoir subi des actes de pénétration, qu’ils qualifient de viol. De manière plus générale, 37,1 % des jeunes de 18 à 21 ans ont affirmé avoir déjà vécu un acte sexuel non désiré. Les raisons évoquées par les répondants sont alarmantes : accepter un acte pour « faire plaisir à l’autre », être « menacé, violenté ou tenu par la force », ou encore être « sous l’effet de l’alcool ou de drogues » représente des circonstances courantes.
Cette étude ne se limite pas à la seule question du viol. Elle explore également un large éventail de violences sexuelles, incluant l’exposition non souhaitée à des contenus pornographiques, l’inceste, la cyberviolence et l’exploitation sexuelle. Près de 63 % des jeunes interrogés indiquent avoir subi au moins une forme de violence sexuelle au cours de leur vie.
Concernant l’inceste, 9 % des jeunes déclarent avoir vécu un premier acte à caractère incestueux, souvent commis par un membre de la famille, le plus souvent un cousin. Les données montrent que l’âge moyen du premier acte incestueux est de 9 ans, tandis qu’il est de 16 ans pour les actes commis par des personnes extérieures à la famille.
En outre, une majorité des jeunes (56 %) indique ne pas avoir souhaité leur première exposition à la pornographie. Près de la moitié (46 %) signale avoir reçu des contenus à caractère sexuel non sollicités. L’exploitation sexuelle, bien que moins souvent rapportée, concerne 5,3 % des jeunes, qui admettent avoir reçu une contrepartie pour un acte physique ou un contenu sexuel en ligne. Fait surprenant, 17 % d’entre eux envisagent cette possibilité, et 24 % connaissent une personne ayant été exploitée.
Les résultats de l’enquête mettent en avant que les jeunes ayant des parcours plus cabossés, comme ceux suivis par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ou la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), sont encore plus touchés. En effet, 80 % des jeunes sous protection judiciaire déclarent avoir subi au moins une violence sexuelle. Cette vulnérabilité touche également ceux qui souffrent de problèmes psychologiques ou de santé mentale, avec un taux de 80 % de violences signalées, tandis que 67 % des jeunes ayant un handicap physique rapportent des expériences similaires.
Ces constats interpellent et soulèvent des questions sur la prévention et la protection des jeunes face à ces violences. L’enquête « Vavisa » représente une première étape pour mieux comprendre l’ampleur de ces problématiques et pour agir efficacement. La prise de conscience et l’engagement de la société sont essentiels pour endiguer cette violence qui touche les plus jeunes.