Enquête pour injures racistes contre le maire de Saint-Denis après des propos sur CNews

Une enquête judiciaire a été ouverte à Paris pour injure publique à caractère raciste visant le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Cette initiative fait suite à des séquences controversées diffusées sur CNews fin mars, où des commentaires jugés offensants ont été tenus à son encontre.

EN BREF

  • Une enquête a été ouverte pour injures racistes contre Bally Bagayoko.
  • Des propos tenus sur CNews ont suscité de vives réactions et plaintes.
  • Un rassemblement antiraciste est prévu samedi à Saint-Denis.

Le parquet de Paris a confirmé l’ouverture de cette enquête au lendemain du dépôt de plainte de l’élu. Dans une déclaration, Bally Bagayoko a exprimé sa satisfaction : « C’est une bonne chose, un début ». Les événements se sont précipités après la diffusion de l’émission « 100% politique », où des débats sur sa prise de fonction ont été animés. En effet, des propos tenus par le psychologue Jean Doridot ont été interprétés comme dévalorisants. Ce dernier a fait référence à une notion d’autorité liée à des comportements animaux, déclenchant ainsi une onde de choc.

La situation s’est aggravée le jour suivant avec des commentaires du philosophe Michel Onfray, qui a qualifié l’élu de « mâle dominant » en raison de son appel à l’allégeance après son élection. Cette succession de déclarations a conduit plusieurs responsables de LFI et d’associations antiracistes à saisir l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, qui a promis d’examiner les séquences signalées.

La chaîne CNews, propriété du groupe Bolloré, a fermement contesté ces accusations, affirmant que les propos de Doridot avaient été mal interprétés. De son côté, Michel Onfray a dénoncé un « faux procès » orchestré par LFI sur les réseaux sociaux.

Le gouvernement français a également pris position. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié les propos tenus à l’égard de Bally Bagayoko d’« ignobles » et « absolument inacceptables ». Sébastien Lecornu a ajouté que la banalisation du racisme doit être combattue avec fermeté, incitant le préfet de Seine-Saint-Denis à se porter partie civile dans cette affaire.

Pour sa part, Bally Bagayoko a appelé à un « grand rassemblement » antiraciste qui se tiendra ce samedi devant la mairie de Saint-Denis. Il a dénoncé CNews comme une « chaîne raciste » et a exigé que l’Arcom prenne des mesures plus strictes à son égard. En outre, le parquet a lancé une seconde enquête concernant des actes de cyberharcèlement dont l’élu a été victime, en raison de sa couleur de peau, sur les réseaux sociaux.

Bally Bagayoko, âgé de 52 ans, est né dans les Hauts-de-Seine de parents maliens. Il a été élu dès le premier tour le 15 mars, recueillant 50,77 % des voix, devenant ainsi le maire de la plus grande ville Insoumise de France. Son mandat a déjà été marqué par une campagne de haine orchestrée par l’extrême droite sur les réseaux sociaux.

La montée de ces tensions interpelle et souligne les défis persistants liés aux discours de haine dans le paysage médiatique français. Face à cette situation, les acteurs politiques et les citoyens sont appelés à se mobiliser pour défendre les valeurs de respect et d’égalité.