Une enquête a été ouverte en France à l’encontre de plusieurs agents de la marine nationale, participant aux opérations de sauvetage de migrants dans la Manche, après des signalements de comportements inappropriés et de propos à caractère raciste. Cette situation a été révélée par l’AFP, ce samedi 9 mai.
EN BREF
- Des marins accusés de racisme lors de sauvetages de migrants en mer.
- Une enquête a été ouverte pour injures publiques et mise en danger de la vie d’autrui.
- Des témoignages évoquent des propos dégradants tenus à l’égard des migrants.
Cette enquête a été ouverte pour des injures publiques en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion, ainsi que pour des faits de mise en danger de la vie d’autrui. Charlotte Huet, procureure de Dunkerque, a confirmé les détails de cette enquête, qui fait suite à un signalement effectué le 13 avril par le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord.
Les accusations sont graves. Un agent de la marine nationale a dénoncé, dans un courrier, le comportement de quatre collègues lors de missions de sauvetage en mer effectuées au cours des mois d’août et de décembre 2025 sur le navire Ridens, affrété par l’État. Ce navire a été mis en service dans le cadre d’un dispositif de surveillance et de sauvetage depuis 2023, visant à répondre à la détresse des migrants tentant de rejoindre le Royaume-Uni.
Les témoignages recueillis par Le Monde révèlent des abus verbaux choquants. Une femme, qui a participé aux missions sur le Ridens, a rapporté qu’un collègue aurait qualifié les migrants de « animaux » et aurait suggéré qu’il faudrait « les brûler au lance-flammes ». D’autres insultes, telles que « salle race » ou des propos islamophobes, ont également été mentionnés, ce qui jette une lumière inquiétante sur l’attitude de certains agents en mer.
En outre, la même témoin a décrit une situation alarmante où les migrants secourus n’auraient reçu qu’une ration d’eau de 33 centilitres pendant six heures à bord, alors qu’il restait des réserves suffisantes. Cette situation soulève des questions éthiques quant à la manière dont les opérations de sauvetage sont menées.
Le Ridens, qui mesure 40 mètres de long, appartient à la société privée SeaOwl. Son équipage, composé d’une dizaine de personnes, est chargé d’opérations de sauvetage dans des conditions périlleuses. La préfecture maritime de la Manche a confirmé que des mesures conservatoires ont été mises en place suite à ce signalement, mais a précisé que les détails de ces mesures ne peuvent pas être divulgués pour le moment.
L’enquête judiciaire, qui a été confiée au groupement de gendarmerie maritime de la Manche et de la mer du Nord, visera à vérifier les faits allégués. Si les accusations sont confirmées, il est possible que la compétence du parquet militaire soit engagée, comme l’a indiqué la procureure de Dunkerque.
Cette situation met en lumière des enjeux cruciaux concernant le traitement des migrants et l’éthique des agents de l’État impliqués dans les opérations de sauvetage. Elle soulève également des questions sur la formation des équipes et la manière dont elles sont préparées à gérer des situations délicates, tant sur le plan humain que professionnel.
Il reste à voir comment cette enquête se déroulera et quelles mesures seront prises pour garantir le respect des droits humains dans le cadre des opérations de sauvetage. L’attention se tourne désormais vers les résultats de l’enquête et les décisions qui en découleront.