Éric Dupond-Moretti reconnu coupable de diffamation envers un magistrat

Ce lundi 22 juin, l’ancien ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a été condamné à Paris à une amende de 500 euros avec sursis pour avoir diffamé le magistrat Édouard Levrault. Cette décision fait suite à des accusations portées par Dupond-Moretti dans son ouvrage J’ai dit oui, où il accuse Levrault d’avoir violé le secret de l’instruction.

EN BREF

  • Éric Dupond-Moretti condamné pour diffamation envers le magistrat Édouard Levrault.
  • Il devra également verser 4.000 euros de dommages et intérêts, sauf appel.
  • Le conflit remonte à une affaire impliquant un commissaire de police monégasque.

La condamnation de Dupond-Moretti est le résultat de ses accusations contre Levrault, un ancien juge d’instruction qui avait travaillé sur une affaire dans laquelle Dupond-Moretti était l’avocat. En plus de l’amende, l’ex-garde des Sceaux a dix jours pour faire appel de cette décision. Son éditeur, Michel Lafon, a également été condamné à 500 euros d’amende.

Édouard Levrault, qui avait demandé 30.000 euros de dommages et intérêts, avait qualifié les propos de Dupond-Moretti de « malveillants » et avait exprimé son indignation lors de l’audience. Il a affirmé que les accusations portées à son encontre étaient basées sur une « hargne fielleuse » de l’ancien ministre.

Le tribunal a annulé la citation directe d’Édouard Levrault en raison de problèmes de forme concernant des propos similaires tenus oralement par Dupond-Moretti lors d’un spectacle à Paris l’année précédente. Cependant, l’ex-ministre a été relaxé pour des écrits dans un autre de ses ouvrages, Juré, craché.

Contexte du conflit

Les tensions entre Éric Dupond-Moretti et Édouard Levrault trouvent leur origine dans une affaire impliquant un commissaire de police monégasque. Levrault avait instruit cette affaire alors que Dupond-Moretti défendait le commissaire. Après avoir quitté son poste à Monaco, Levrault avait participé à une émission sur France 3, évoquant le dossier en question, ce qui avait suscité l’indignation de Dupond-Moretti, qui avait alors exigé des sanctions disciplinaires à son encontre.

Au cours du procès, l’avocat de Levrault, François Saint-Pierre, a rappelé que l’Inspection générale de la justice avait conclu que son client n’avait pas violé le secret professionnel. De plus, le Conseil supérieur de la magistrature a estimé que Levrault avait exercé sa liberté d’expression sans dépasser les limites.

Conséquences pour Éric Dupond-Moretti

Cette condamnation représente une nouvelle défaite pour Éric Dupond-Moretti, qui a déjà été confronté à des accusations de conflit d’intérêts lorsqu’il était ministre. Bien que la Cour de justice de la République l’ait relaxé dans cette affaire, la situation actuelle souligne une série de revers pour l’ancien garde des Sceaux. Sa réputation, déjà entachée par des controverses, est à nouveau mise à l’épreuve.

Pour l’instant, Dupond-Moretti devra faire face à cette décision judiciaire, tout en réfléchissant à la suite à donner à cette affaire, entre un éventuel appel et des répercussions sur sa carrière.