Éric Zemmour envisage une primaire de droite, mais exclut le centre

Le paysage politique français se transforme, et Éric Zemmour, président du parti Reconquête!, semble ajuster sa stratégie pour les élections présidentielles de 2027. Au cours d’une interview accordée à BFMTV le dimanche 5 mars, il a exprimé son soutien à l’idée d’une primaire de droite, tout en posant des conditions strictes à sa participation.

EN BREF

  • Éric Zemmour se prononce en faveur d’une primaire de droite pour 2027.
  • Il exclut toute participation à une primaire incluant le centre.
  • Le soutien à cette idée conditionné par une rupture avec le macronisme.

Traditionnellement opposé à l’organisation de primaires, Zemmour a reconnu que le contexte politique actuel, marqué par une division accrue des voix, nécessite une réflexion nouvelle. « J’ai toujours pensé que le premier tour de l’élection présidentielle était la primaire », a-t-il déclaré, tout en notant que la dispersion des candidats et la division en trois blocs modifient la donne.

Son changement de position intervient alors que les voix contraires à l’idée d’une primaire s’estompent au sein de la droite. Zemmour a cependant exprimé ses réticences, rappelant les échecs des primaires précédentes à unir les perdants derrière un vainqueur. Il a cité des exemples de personnalités politiques qui, après avoir perdu, n’ont pas soutenu le candidat victorieux, soulignant ainsi les dangers d’un tel processus.

Malgré ses réserves, Zemmour semble désormais prêt à affronter la concurrence au sein de la droite. Il a précisé que sa participation à une primaire dépendrait de l’exclusion des figures qu’il associe au macronisme. « Je ne participe pas à une primaire avec ceux qui ont été ministres d’Emmanuel Macron », a-t-il affirmé, ciblant notamment Gabriel Attal.

L’ancien journaliste a également exprimé son intérêt pour une primaire de droite sans le centre, soutenue par des figures comme David Lisnard et Laurent Wauquiez. Sa disposition à se présenter, même en présence d’Édouard Philippe, ancien Premier ministre, montre une volonté d’engager le dialogue au sein de la droite, malgré des réticences à son égard. Zemmour a qualifié Philippe de « fils spirituel d’Alain Juppé », soulignant ainsi le positionnement centriste de ce dernier.

Les prochaines étapes restent incertaines, notamment quant à l’acceptation de sa candidature par d’autres participants. Zemmour lui-même semble conscient des obstacles qui se dresseraient sur son chemin. Des personnalités influentes des Républicains, comme Gérard Larcher et Xavier Bertrand, pourraient s’opposer à sa participation, renforçant ainsi la complexité de la situation.

Alors que l’échéance de 2027 approche, le débat sur les primaires à droite soulève des questions cruciales sur l’unité et la stratégie à adopter pour faire face à une gauche unie. Éric Zemmour, avec sa nouvelle approche, semble vouloir jouer un rôle clé dans cette dynamique, malgré les défis qui l’attendent. L’existence d’une primaire réussie pourrait être déterminante pour la réussite de la droite dans l’élection à venir.