Un rétroviseur abîmé, une conversation anodine sur un parking de supermarché, et la vie d’une personne âgée peut basculer en un instant. Cette méthode, connue sous le nom d’**escroquerie au rétroviseur**, a récemment fait l’objet d’une enquête approfondie en Nouvelle-Aquitaine, où des individus ont ciblé spécifiquement des conducteurs vulnérables. La gendarmerie et les magistrats ont mis en lumière un mécanisme bien rodé, conçu pour instaurer la confiance avant de dépouiller les victimes de leurs économies.
EN BREF
- Trois individus condamnés pour escroquerie au rétroviseur, ciblant des conducteurs âgés.
- Le préjudice total s’élève à 246 000 € avec au moins 62 victimes recensées.
- Peines de prison allant jusqu’à quatre ans prononcées par le tribunal de Bordeaux.
Le 24 mars 2026, le tribunal correctionnel de Bordeaux a rendu son verdict concernant une affaire d’escroquerie au rétroviseur impliquant trois individus : deux hommes accusés de fraude et une femme impliquée dans des actes de blanchiment. Les faits, qui se sont déroulés dans les départements de la Gironde, des Landes et du Gers, ont touché au moins 62 victimes, entraînant un préjudice financier estimé à 246 000 euros.
Selon les éléments de l’enquête, le trio opérait en circulant avec un véhicule dont le rétroviseur était déjà endommagé. Ils ciblaient des automobilistes vulnérables, notamment des personnes âgées, sur les parkings de grandes surfaces. La gendarmerie de Gironde a décrit la méthode : « Les auteurs repéraient leurs victimes, souvent âgées, sur des parkings de grandes surfaces ou de centres commerciaux. » Un accrochage simulé servait de prétexte à une discussion sur un règlement à l’amiable.
Les escrocs proposaient de régler les dommages pour une somme modique, généralement entre 20 et 30 euros, tout en refusant de remplir un constat ou d’appeler les assurances. Le paiement était réalisé via un terminal électronique, manipulé par les prévenus pour augmenter la somme due, transformant ainsi 20 euros en 200 euros, ou 30 euros en 300 euros. Au fil des semaines, 62 victimes ont été identifiées dans les trois départements concernés.
L’enquête a été menée par la gendarmerie de Gironde, qui a établi un groupe de contrôle des flux pour recouper les plaintes des victimes. Les investigations ont abouti à l’interpellation de cinq personnes entre janvier et février 2026, dont deux ont été placées sous contrôle judiciaire. Les perquisitions ont également révélé l’ampleur de l’escroquerie : plusieurs terminaux de paiement, des téléphones portables, ainsi que des produits de luxe et de l’électroménager d’une valeur d’environ 12 000 euros ont été saisis.
Les enquêteurs ont également confisqué quatre véhicules, parmi lesquels figuraient une Citroën C5, une Citroën Ami, une BMW X6, et une Citroën DS3, d’une valeur totale estimée à près de 154 000 euros. Lors de leur comparution devant le tribunal, les trois prévenus ont écopé de peines de prison variant d’un an avec sursis à quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis probatoire. Chacun a également été condamné à verser 5 000 euros d’amende, en plus de la confiscation des biens saisis. L’un des hommes, déjà en situation d’évasion, a reçu une peine supplémentaire de six mois de prison ferme.
Cette affaire met en lumière un mode opératoire qui semble se propager au-delà de la Nouvelle-Aquitaine. Il est crucial que les seniors et leurs proches adoptent des réflexes simples pour éviter de tomber dans ce piège. Le phénomène de l’escroquerie au rétroviseur reste une réalité préoccupante, incitant à la vigilance sur les parkings.