Espagne : Pedro Sanchez refuse de soutenir la guerre américaine contre l’Iran

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a fermement réaffirmé la position de son gouvernement contre l’implication militaire des États-Unis dans la guerre contre l’Iran. Lors d’une allocution publique, il a déclaré que l’Espagne ne sera pas complice d’une guerre qu’il considère injuste et dangereuse pour la paix mondiale.

EN BREF

  • Pedro Sanchez rejette l’idée de soutenir les États-Unis dans leur campagne contre l’Iran.
  • Le Premier ministre évoque les conséquences désastreuses de la guerre en Irak de 2003.
  • Les tensions entre Washington et Madrid s’intensifient sur les dépenses militaires et les bases américaines.

Dans son discours prononcé mercredi, Sanchez a évoqué la guerre en Irak, qu’il qualifie de « guerre injuste » et qui a eu des répercussions mondiales, notamment une aggravation du terrorisme et des crises migratoires. Il a insisté sur le fait que la position de l’Espagne est claire : « non à l’idée que le monde ne puisse résoudre ses problèmes qu’avec des bombes ».

Cette déclaration fait suite à des critiques de Donald Trump, qui a menacé de « cesser tout commerce » avec l’Espagne en raison de son refus d’autoriser l’utilisation de deux bases militaires américaines en Andalousie. Ces bases sont régies par un accord signé en 1953, durant la dictature de Franco, et ce refus a été interprété comme un acte de défi envers l’autorité américaine.

Pedro Sanchez a réagi avec véhémence, affirmant : « Nous ne serons pas complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde et qui est également contraire à nos valeurs et à nos intérêts ». Il a également appelé à mettre fin aux hostilités et à privilégier une solution diplomatique.

Le Premier ministre a fait référence à la guerre en Irak, soulignant que l’Espagne a déjà été entraînée dans un conflit qui n’a fait qu’accroître les tensions internationales. Selon lui, il est temps d’apprendre de cette histoire et de ne pas répéter les mêmes erreurs.

Les relations entre l’Espagne et les États-Unis sont tendues depuis plusieurs mois, notamment en raison des exigences croissantes de l’OTAN. Washington a demandé à Madrid d’augmenter ses dépenses militaires à 5 % de son PIB, un objectif que l’Espagne estime excessif, affirmant qu’elle peut atteindre les objectifs de l’OTAN avec un budget de 2 %.

Cette situation met l’Espagne dans une position délicate, car elle doit jongler entre ses obligations envers l’OTAN et sa volonté de défendre une politique étrangère indépendante et pacifiste. En 2024, Madrid avait déjà reconnu l’État de Palestine, marquant un tournant dans sa politique étrangère, ce qui a également attiré les critiques de l’administration Trump.

En réponse aux menaces de Trump, l’Union européenne a exprimé son soutien à l’Espagne et a déclaré être prête à défendre ses intérêts. Un porte-parole de la Commission européenne a rappelé que l’UE et les États-Unis ont conclu un accord commercial majeur l’année précédente, et a demandé aux États-Unis de respecter leurs engagements.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron a également exprimé sa solidarité envers Pedro Sanchez, soulignant l’importance de l’unité européenne face aux pressions extérieures.

En conclusion, la position de l’Espagne sous la direction de Pedro Sanchez illustre un engagement clair envers une diplomatie pacifique, tout en naviguant dans un paysage géopolitique complexe et souvent conflictuel. L’Espagne semble déterminée à ne pas répéter les erreurs du passé, en privilégiant le dialogue et la coopération internationale.